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1500 km en vélo BH e-motion

Voila plusieurs mois que je me renseigne et étudie la possibilité d’acheter un VAE. Mon travail est à 12 km de chez moi, mais j’ai fréquemment à passer par d’autres endroits qui font monter le parcours journalier à 40 km ; jusqu’à maintenant, ma meilleure réponse a été le scooter quand la distance journalière dépassait 30 km ou que j’avais quelqu’un à transporter, le vélo sans assistance pour les jours simples « à 24 km ».

J’ai lu sur le forum Cyclurba que les utilisateurs de VAE gagnaient du temps sur le trajet en voiture : c’est très probable dans beaucoup d’agglomérations. On dit aussi qu’ils ont des performances identiques aux 2RM. J’en doute un peu plus. Sur mon trajet, le temps de parcours en scooter est 50 % plus rapide qu’en vélo et 40% qu’en VAE. Je respecte généralement les feux rouges, et il y en a beaucoup.

Enfin, j’ai étudié attentivement le marché. De façon pas très originale, j’ai aimé rouler sur Koga (quel beau vélo, avec un guidon très agréable), Flyer T (un vélo bien roulant), mais aussi, à un degré moindre, Sparta et Helkama pour leur qualité de fabrication. Je n’ai pas trop aimé le Giant avec son moteur avant -il faut sûrement s’y habituer-, ni le Gazelle Easy Glider qui, malgré une bonne qualité de fabrication, m’a semblé lourd et pas très dynamique à l’essai. Je n’ai pas essayé Gitane ou Matra, pour les marques les plus couramment disponibles sur Paris. Les quelques chinois essayés m’ont invariablement donné l’impression de mauvaise finition et de fragilité.

Voilà, c’est très subjectif, et d’autres auraient un classement différent, bien sûr. La proximité d’un vélociste est aussi un point important, mais le coin de Paris ou je suis dans la journée est plutôt bien pourvu.

Au total, j’ai résolu de ne jamais acheter sans essayer longuement. L’essai du Gazelle, presque parfait sur le papier, mais si décevant pour moi en selle (je reconnais que c’est peut-être injuste), m’a éloigné de toutes les machines au descriptif ronflant, mais que je ne peux pas essayer.

Voilà, j’en étais là de mes tergiversations quand mon épouse s’est décidée à passer à l’action. Mon trajet de 12 km est assez roulant. Elle a un trajet plus court, de 5 km, mais il lui faut sortir de la vallée de la Bièvre, ce qui ne se fait pas sans effort et sans suée. Pour elle, le VAE est donc la seule alternative à la voiture, car elle ne veut pas du 2RM. Pendant les vacances, si propices à ce genre de décisions, elle en a essayé deux : un Batavus d’abord. Sanction : très beau, très bien, trop cher. Aux oubliettes le Hollandais. Le second était un vélo vendu par un loueur en fin d’exercice saisonnier, un BH e-motion : un peu moins bien peut-être, mais tellement moins cher. On part pour un essai de cette machine, que je me propose de vous présenter maintenant, certain de ce que peu d’entre vous la connaissent.

Un peu de technique

Voilà une petite présentation de la machine, illustrée par une photo provenant d'un site commercial concernant la machine, et qui ne m'en voudra donc pas de cet emprunt :


Un cadre mixte d’une hauteur au choix de 42 à 48.Le notre c’est 48
Une fourche avant suspendue SUNTOUR CR 820 réglable
Une potence traditionnelle, avec un guidon de type VTC.
Une tige de selle fixe, avec une selle BASSANO 6th Avenue
Un dérailleur arrière classique Shimano Acera avec 8 pignons de 13 à 26
Des pédales Alu + plastique classiques, parait-il anti-dérapantes.
Des jantes alu simples paroi de 28 pouces avec des pneus de 700 x 38 avec chambre à air « anti-crevaison »
Des moyeux classiques.
Des freins V-Brakes en alu
Les lumières avant et arrière qui sont alimentées par la batterie avec allumage au guidon, fonctionnant indépendamment de l’assistance au pédalage.
Des garde-boues SKS avec sécurité et connexion électrique
Un porte bagage noir, une béquille latérale, un pare-chaîne très enveloppant.
Last, but not the least, le poids rotal du vélo est, batterie incluse, de 21,3 Kg
Sur le plan du moteur c’est un Panasonic 250 W identique à celui qu’on trouve dans d’autres machines, avec un plateau de 41

Prise en main

La première question était de savoir si ce vélo allait convenir à mon épouse (1m65) et à moi (1m80). Réponse, aucun souci, on se sent immédiatement à l’aise en réglant simplement la selle. On pourrait théoriquement régler aussi la potence, mais en pratique nous n’en avons pas encore exprimé le besoin. La position de conduite est typée « VTC », un peu plus penchée que sur un hollandais type Sparta, mais quant même plutôt assise que couchée !

Le guidon tombe naturellement sous la main, les commandes de freins sont bien accessibles, le grip est agréable. La béquille arrière ne gène pas au point qu’on pourrait rouler avec ! L’ensemble dégage en même temps une impression de légèreté et de solidité. Les freins sont bien réglés et arrêtent efficacement la bête, même avec mes 90 kg.

Le changement de vitesse par poignée rotative est simple, classique et assez précis. La commande de l’assistance comprend l’indication du niveau de charge (trois graduations) et du degré de l’assistance (éco, ou tortue, normal, forte ou lièvre!). On y retrouve d’ailleurs le tableau de commande Panasonic avec un interrupteur de plus qui commande l’éclairage. Très agréable. Pas de dynamo sur le pneu ou dans le moyeu.

On règle la hauteur de selle (pas de blocage rapide, clé Allen indispensable, c’est mieux pour garder sa selle dans Paris)

Nous voilà partis pour un essai.

Premier essai court. Allons-nous acheter BH ?

On part sur la piste cyclable qui unit Royan et Saint Georges de Didonne, et on s’aperçoit tout de suite qu’on va trop vite pour l’encombrement de la piste, du fait des « surfeurs » qui zigzaguent en pédalant en tongues et en tenant mollement le guidon d’une main et leur planche de l’autre main, et des personnes qui promènent chien-chien avec une laisse de quatre mètres de long qui barre carrément la piste, lançant un regard noir à ces fous du guidon qui débarquent à une vitesse fulgurante.

Bon, d’accord, retour sur la route et on s’oriente vers la difficulté locale, la rue Pasteur. On ne rit pas les montagnards, ce n’est pas les Alpes, mais c’est une côte un peu dure et pas très longue, que les ménagères de moins de 50 ans montent en poussant le vélo à pied. On apprend vite la première caractéristique du moteur pédalier : ne pas trop appuyer sur les pédales, car cela diminue l’assistance. Curieux, on a l’impression d’aller plus vite quand on pédale moins fort. Bizarre ! Avec l’habitude, on va s’adapter et ça deviendra plutôt naturel. La sensation la plus bizarre pour le néophyte, c’est cet « auto-démarrage » quand on est à l’arrêt et qu’on appuie sur la pédale, ce qu’on fait naturellement. Le capteur de pression enregistre celle que met votre pied et en déduit que vous voulez démarrer. On apprend vite aussi à gérer cela, d’autant qu’on sera très reconnaissant à ce système quand on voudra faire un démarrage en côte.

On teste le vélo sans assistance : c’est bon, assez roulant, mais quand même deux fois plus lourd que mon vélo de course, bien sûr. On ferait pas 40 km à marche forcée comme ça.


On remet l’assistance et on fait la bêtise habituelle : Panasonic ne sait pas s’allumer correctement quand on tourne les pédales ; pour que ça se mette en route, il faut que le vélo soit à l’arrêt, ou au moins que les pédales ne bougent pas au moment où on met le courant et pendant une à deux secondes. Première frayeur d’avoir tout cassé, puis on se remémore les recommandations du vendeur, qu’on avait vaguement écoutées, et on recommence. Tout va bien maintenant, le turbo est remis en route. Il nous manquait.
Le reste du vélo va bien : bon freinage, impression de légèreté, maniabilité. Les vitesses passent bien, la commande est précise et les développements bien étagés, en sachant que les plus grands pignons arrières seront rarement utilisés.
On revient chez le vélociste. La décision est prise et nous voilà propriétaires de cette machine. Qualité européenne, tarif « chinois ». Ce vélo d’occasion a été loué tout l’été, et tous les jours -nous dit honnêtement notre vendeur- mais franchement rien n’a bougé, on a l’impression qu’il est neuf. On aura un seul problème, la lumière arrière ne marche pas. Il va régler cela, probablement un mauvais contact. J’avoue avoir été réticent à l’idée d’acheter en province un vélo dont je savais qu’il n’était pas encore distribué sur Paris, mais la détermination et l’esprit de décision de mon épouse ont bien sûr balayé mes réserves.

BH part en balade

Nous allons écumer les routes de la presqu’ile d’Arvert, paradis des cyclistes qui connaissent les petits itinéraires, enfer des automobilistes qui s’agglutinent sur les grands axes, en traînant tristement leur caravane à 4 km/h sur la route de l’ile d’Oléron ou de la côte sauvage. On va les croiser souvent, on espérera pour eux que leur climatisation marche bien.

Pour ceux qui connaissent mal cette région, voici l'adresse d'un site qui regorge de photos aériennes. Pas de doutes, nous sommes au pays des huîtres.

Pour cette première sortie, on va se limiter à 28 kilomètres. Le vendeur nous avait dit que l’autonomie était de 70 km en mode éco, et 40 km en mode normal, et qu’il ne la connaissait pas en mode sport. Sur le petit clavier de commande, ce dernier est symbolisé par un lièvre, le mode éco étant une tortue. Le mode normal n’a droit à rien.

Bien sûr, nous ne croyons pas un mot de ces paroles de vendeur, et nous décidons que la vérité est bien en-dessous. La suite des opérations nous montrera qu’il avait raison. Comme quoi...

Mais pour cette première balade, nous allons être très prudents en kilomètres, effrayés par la perspective d’un retour sans énergie et contre le vent. Il faut vous dire que dans cette région, si les côtes ne risquent pas de faire frémir un cycliste entraîné, le vent est l’ennemi numéro 1. Depuis des années que je laisse ma trace dans le bitume des petites routes du coin avec mon vélo de course, essayant toujours de « partir contre le vent pour revenir avec le vent », c’est un échec permanent. Est-ce le régime changeant des brises de terre ou de mer ? Est-ce la géographie de cette presqu’ile où le vent change sans arrêt de direction ? Toujours est-il que je n’ai jamais réussi à revenir avec le vent dans le dos, ce qui me rend prudent quand j’emmène en balade un comparse peu entraîné.

On se limitera donc à aller respirer la charmante atmosphère de Mornac-sur-Seudre, un de plus beaux villages de France, où l’afflux touristique reste maîtrisé, puis à revenir.

Mon épouse enfourche fièrement le BH électrique et moi, je suis aussi sur un BH, mais c’est mon vélo de course.

Aujourd’hui, toutefois, nous sommes en configuration particulière, car nous allons emmener notre petite dernière, âgée de 16 mois. Notre BH s’est donc vu augmenté d’un siège bébé, fixé sur le porte bagage puisque la présence de la batterie ne permettrait pas de monter un modèle qui s’attache au tube de selle sur le cadre. [photo= 02]On s’aperçoit d’ailleurs qu’on gagne en poids admissible, puisque ce siège admet jusqu’à 25 kg, contre 22 kg pour nos modèles fixés sur le cadre. Toujours est-il que notre équipage va être regardé un peu de travers : Monsieur en vélo de course, avec juste le petit sac à dos pour le nécessaire de réparation en cas de crevaison, quelques biscuits et un biberon ; Madame sur un vélo de ville, transportant le bébé!

Toutefois, la fée électricité va arranger tout cela. Sur son vélo habituel, mon épouse, même si elle se défend très honorablement, ne suit pas vraiment la cadence quand la route s’élève ou que le vent souffle. Aujourd’hui, quand la route est plate, mon BH-course s’envole et monte facilement entre 35 et 40. BH-électro ne peut pas suivre car même si le vélo est assez roulant, après 25km/h il n’y a plus d’assistance. Toutefois, si je roule avec elle, nous filons régulièrement entre 25 et 28 km/h, ce qui est très correct pour une balade sportive mais conviviale et me convient parfaitement.

Maintenant, nous allons affronter les -petites- difficultés du parcours, dont la côte de Boisserand. Sournoisement, mon épouse enclenche le « lièvre », me rattrape et me dépose, au grand étonnement de notre fille. J’en déduis que pour les personnes ayant un égo surdimensionné, il faut se préparer à affronter cette « humiliation », soit en prévoyant suffisamment d’avance avant d’aborder la côte, soit de la débuter tranquillement derrière en prétendant qu’après tout, on est là pour se balader, pas pour se faire mal, ou toute autre méthode d’auto-persuasion disponible. Mon égo étant gérable, je me contente de lui rappeler que si elle sort trop souvent le lièvre à l’aller, elle pourrait se transformer en tortue au retour. Elle n’en a cure, s’est bien amusée de me doubler -et vite- en prenant une posture bien droite sur sa selle, l’air de rien, mais quand même un léger sourire aux lèvres. Elle a bien raison, l’autonomie sera au rendez-vous.

Première leçon donc : le VAE n’est pas une bête de course sur le plat, mais il ne craint personne dès que la route s’élève. Nous vérifierons plus tard que ceci s’applique dans d’autres circonstances.

Après la visite des boutiques de Mornac et un salut aux huitres dans leurs claires, nous rentrons par le même chemin. Au retour, mon épouse est en grande forme, moi j’ai l’impression d’avoir bien pédalé. Il nous reste une diode sur les trois du guidon. En vérifiant sur la batterie, dotée de 5 diodes, nous sommes à deux, ce qui signifie que nous avions encore environ 30% de réserve. On est très rassuré. Nous avons l’impression d’avoir fait un bon achat.

Le soir, on charge la batterie, avec le chargeur très petit et très léger fourni. Aucun bruit. On ne s’en occupe pas et on trouve la batterie chargée le lendemain matin. Je ne sais toujours pas en combien de temps elle se charge !

Le lendemain, même configuration. Enhardis par l’autonomie, nous allons déguster des huîtres de Marennes-Oléron (les meilleures bien sûr !) sur le quai de Chatressac, charmant et désert petit port de Chaillevette. Madame Rouffineau nous ouvre une douzaine de numéro 2. Va aussi pour un verre de vin blanc charentais, un excellent vin de pays. On en profite d’autant plus que l’ostréiculture est réellement menacée et qu’on n’a même pas identifié vraiment l’ennemi qui décime aujourd'hui les jeunes huîtres!

Un peu lesté par le festin, nous abordons la sortie de Chaillevette, qui est une vraie côte assez longue. La preuve, en haut de la côte, il y a un château d’eau ! Je prends les devants -c'est-à-dire que je reste derrière- et je vois BH-électro s’éloigner rapidement. J’essaie de résister un moment, mais je n’y arrive pas. Sûrement la faute des huitres et du verre de blanc. Toujours est-il que BH-électro m’attendra un moment en haut de la côte.

Nous décidons de rentrer par cet endroit magique qu’est le marais de Saint Augustin, sur cette petite route interdite aux voitures qui longe le canal, où les seuls bruits sont ceux des poissons qui viennent happer les insectes imprudents qui volent trop près de la surface. Non, il y a un autre bruit, celui du vent qui se lève et souffle dans les branches des saules pleureurs. Mais la route est dégagée, et le vent souffle de devant. Je courbe la tête et m’aplatis sur le guidon de BH-course pour mieux fendre la bise, mais BH-électro fait mieux que moi. Insensible au vent, il continue d’emmener ses passagères à 25 km/h. Malgré la beauté du lieu, je ne suis pas fâché de tourner à 90° au bout du marais pour rejoindre Taupignac. Là aussi il y aura des côtes où je serai doublé, mais j’en ai pris l’habitude, et je ne serai pas vent debout!.

Au retour, nous avons fait 45 km. Il reste une diode allumée sur le guidon et aussi sur la batterie. Je décide alors d’un épilogue, pour voir jusqu’où l’autonomie ira et pars seul pour tourner en attendant que tout s’arrête. C’est à 52 km que la diode du guidon se mettra à clignoter, ce qui signifie l’arrêt imminent de l’assistance. Je fais deux kilomètres pour rentrer chez moi, l’assistance n’est pas coupée. Je vais réessayer plusieurs autres jours de vider la batterie, et j’ai toujours eu environ deux km d’autonomie (sans côte quand même) à partir du moment où la diode clignotait.

Le lendemain, je pars seul. Comme mon poids est nettement plus élevé (90kg) que celui de ma compagne (environ 55 kg), je vais vider la batterie plus rapidement. Je reste en normal, tout le temps, mais je vais quand même demander au lièvre de venir à mon secours en montant les dunes de Meschers. Ce sont des côtes assez courtes mais tout de même très raides, qu’on franchit en vélo de course à moins de 10 km/h. Le lièvre va me maintenir à 15 km/h. je vais épuiser la batterie en 44 km.

Les jours suivants, nos pérégrinations nous montrent que si on a une utilisation normale, c’est à dire en mode normal tout le temps, sauf un « coup de lièvre » pour quelques côtes difficiles, on peut compter sur une autonomie minimale de 40 km. Une fois, j’ai testé le mode «tortue » ou éco, et la consommation de la batterie m’a montré qu’on peut tabler sur au moins 65 km. L’autonomie proposée par le vendeur est donc bien au rendez-vous.

Au fur et à mesure des sorties, on va s’apercevoir qualité majeure de cet ensemble moteur et batterie Panasonic : l’assistance est absolument identique que la batterie soit pleine, à moitié déchargée ou presque vide. J’entends dire que certaines batteries délivrent leur énergie de façon un peu irrégulière selon la charge. Pour celle-ci je défie quiconque de trouver une différence. Tant qu’elle a de l’énergie, la batterie fournit de façon toujours identique.

Les vacances étant terminées, on rentre à la capitale, non sans avoir fait un peu de prosélytisme auprès de nos amis, qui souhaitent en acheter un aussi. Mais les 4 qui étaient à vendre sont tous partis rapidement. Il leur restait un Giant twist avec deux batteries, qui n’avait pas trouvé preneur, même à ce tarif intéressant. J’aurai plus tard l’occasion d’en essayer un, et de ne pas regretter mon choix.

BH fait du vélotaf (et promène la famille le WE)

Finie la rigolade, maintenant on va bosser. J’ignore combien ce vélo a roulé dans sa première vie, mais depuis qu’il est avec nous, il a parcouru environ 500 km.
Ici, son programme est simple : emmener Madame à son travail, sachant que Monsieur est à l’affut des jours où il reste au garage pour s’en servir à la place de son fidèle et habituel VTC.

Nous affublons le vélo d’un compteur SIGMA 1606, sans fil, très cher, plein de fonctions inutiles. On a acheté celui-là car c’est celui qui nous permettait d’avoir deux compteurs journaliers, un pour la batterie, un pour les distances qu’on veut mesurer au quotidien. Inutile de vous dire que personne ne pensera jamais à le remettre à zéro. D’autre part, le sans fil est assez perturbé, probablement par la présence de la commande d’assistance et déclare recevoir trop de signal. Il fonctionne donc quand il a le temps, ce qui est loin d’être tous les jours. Résultat : je ne sais pas exactement quel kilométrage il a aujourd’hui, même si à la mi-octobre, on peut l’évaluer à 1500 km, non compris sa vie antérieure de location.

Au quotidien, nous l’avons équipé d’un antivol « U » de petite taille qui permet de fixer la roue avant au cadre et nous avons un antivol souple supplémentaire. Sur le lieu de travail de mon épouse il y a un local sécurisé. Pour moi, je laisse sur place un « U » robuste de type moto que je fixe sur la roue arrière.
Le temps de trajet pour elle est très similaire à la voiture soit 15-18’. Elle l’utilise environ 50% du temps, à cause de la nécessité de faire certains jours des trajets trop importants pour un VAE. Elle ne souhaite pas non plus rouler de nuit, et je l’appuie tout à fait car dans ces conditions, je peux en profiter largement !

L’utilisation en ville a montré d’autres qualités et défauts du vélo que nous n’avions pas vraiment identifiés en rase campagne

-les pédales sont très basses, avec un espace entre la pédale en position basse et le sol de 8 cm, contre au moins 10 cm pour la plupart des vélos. Attention aux trottoirs et attention aux virages pris un peu vite. S’arrêter de pédaler et mettre la pédale intérieure en haut ou au milieu mais pas en bas. Quelques frottements nous rappellent à cette nécessité.

-La conduite sur pavés montre la qualité de l’amortissement de la fourche avant. L’amortissement est réglable, mais il est de toute façon de qualité.

-Les pneus d’origine sont agréables et s’agrippent bien sous la pluie, mais on ne va pas tenter le diable en roulant trop vite sur revêtement humide.

-La légèreté du vélo et le centre de gravité très bas (avantage de l’inconvénient des pédales basses) font merveille en termes de maniabilité, malgré les roues de 28 pouces

Sur mon trajet le VAE me fait gagner un peu de temps : de 38 minutes en VTC je passe à 33 minutes à l’aller, et de 41 à 36 minutes au retour. Ce sont les quelques fois où j’ai chronométré, donc ça peut varier mais la proportion est bonne. Sur le plat, on est tout de suite à 25 et vite à 28. Mais il y a tant de feux rouges qu’au total, le temps de trajet dépend plus des arrêts que de la vitesse en roulant. Il est certain aussi qu’on gagne en bien-être, en arrivant frais et dispos. Mais on perd aussi en exercice sportif.

J’ai eu deux déconvenues techniques :

-le feu arrière s’est à nouveau arrêté. Il y a probablement des mauvais contacts, comme cela était déjà arrivé. Il n’y a pas de fils, c’est le garde boue qui est lui-même conducteur. J’ai pu le remettre en marche, mais un peu inquiet de cet équipement primordial, j’ai essayé de trouver une lumière à piles qui se fixe sur le siège enfant, sans succès ; deux achats, deux pertes immédiates. J’ai donc remplacé la lumière arrière d’origine par une lampe diode sur pile. Je suis plus tranquille et je comprends pourquoi certaines marques comme Batavus font ce choix dès le départ. C’est moins pratique que la commande au guidon (qui commande encore le phare avant), mais probablement plus fiable.

-La béquille arrière s’est pliée hier sous le poids de mon avant dernière fille (qui pèse 20 kg) que mon épouse a imprudemment essayé de mettre dans le siège enfant alors que le vélo reposait sur la béquille. C’est bien entendu une erreur car aucun vélo sur une béquille latérale ne peut supporter cette manoeuvre. Ca aurait pu mal se passer. Je ne vais pas la réparer, mais plutôt chercher un système de béquille centrale, qui me semble plutôt difficile à adapter sur un vélo avec moteur Panasonic

Conclusion : un bon choix ?

Nous sommes très satisfaits de l’achat de ce vélo. Comme tous les vélos, il n’est pas parfait mais il nous convient bien pour le programme assigné. Si on voulait en tirer objectivement les qualités et les défauts, on dirait les choses suivantes :

Qualités :

-Légèreté et maniabilité
-agrément connu de la motorisation Panasonic, en particulier en côte ou contre le vent
-très grande linéarité de la batterie qui fournit une énergie constante quel que soit le niveau de décharge
-confort de la suspension avant
-qualité du freinage
-caractère très roulant avec ses roues de 28’’ et son centre de gravité bas
-un dérailleur arrière qui fait bien son boulot, même si c’est un « moyenne gamme »
-une construction d’ensemble bonne, et en particulier un porte bagage arrière très robuste, ce qui était essentiel pour moi.
-Bonne adaptation du cadre à deux gabarits très différents entre 1m65 poids léger et 1m80 poids lourd
-Allumage des lumières à la console

Défauts

-pédales basses avec risque de toucher le sol en virage
-pas de suspension de selle
-selle moyennement confortable. Son changement est à envisager pour les gros rouleurs
-pas d’antivol d’origine
-fragilité de l’alimentation du feu arrières (sur mon vélo en tous cas)
-fragilité de la béquille arrière (mais je reconnais qu’elle a été soumise à une charge anormale)
-jantes simples paroi (on verra à l’usage si cela a de l’importance)
-dérailleur arrière plutôt que Nexus (moi ça ne me gène pas et ça allège le vélo, mais certains préfèrent le Nexus)
-freins V-Brakes plutôt que Rollerbrakes ou hydrauliques (mais aucun vélo de ce niveau de prix n’en a, et je ne me plains pas de la qualité du freinage, même sous la pluie)

Voilà pour ce qui nous concerne. Il y a d’autres points importants comme l’agrément de la position de conduite et l’adaptation à la morphologie de chacun ; Tout cela ne se perçoit qu’à l’essai. Je suis toujours sidéré qu’on puisse acheter un vélo par correspondance sans même l’avoir essayé. Bon, chacun sa route!

Je trouve que le bilan du BH est très positif et que ce vélo représente une alternative intéressante au « milieu de gamme » puisqu’il est vendu 1599 euros. Le principal problème est que les BH souffrent, comme d’autres marques, d’un défaut de distribution. Je me contenterai donc de conseiller à tous ceux qui ont un revendeur BH dans leur environnement de ne pas passer à côté d’un essai. Il se pourrait bien qu’ils soient séduits et s’interrogent sur l’utilité de dépenser « beaucoup plus » pour avoir « un peu mieux ». J’entends dire que BH aurait un modèle « luxe » qui coûterait 400 euros de plus mais serait mieux équipé. A voir.

Pour ma part, j’envisage de faire l’achat d’un second VAE, afin de ne pas être à l’affut des jours de disponibilité de ce VAE "conjugal". Toutefois, comme mon trajet se fait aussi très bien sans moteur, je ne suis pas pressé de choisir. BH n’ayant pas de dépositaire sur Paris aujourd’hui -du moins à « riding distance- je m’intéresse aux autres marques, car je privilégie l’achat de proximité et les relations directes. A moins que je ne décide de donner à mon VTC décathlon un successeur sans moteur mais de qualité comme un Koga !


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N° Article : 314
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Créé le 19-10-2008 à 14h59.
Modifié le 19-10-2008 à 22h50.

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