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La remorque, la balade et un oubli

Premier jour


Ce lundi d'octobre laisse encore de quoi rêver à quelques coups de pédales. La batterie 20a qui m'est retournée de garantie samedi a été chargée le dimanche. Alors prêt ? Oui mais ou ? Cap sud-ouest, aller du nord est de l'Indre et Loire, via l'Ile-Bouchard, en direction
du moulin de Peyratte dans les Deux-Sèvres. Il manque à l'appel de l'équipement, la tente et le duvet. Me voilà parti un peu tardivement, il est presque 14 heures et un peu plus de 17 km après, je passe la commune de Vouvray.
A peu près 300 km aller et retour.Le parcours de 300 km préparé sur GoogleMaps

Aux abords de Tours, en passant par la Ville aux Dames, je côtoie un grand paquet de voitures et de camions. Pas de piste cyclable, et cette partie du parcours est assez tendue. Je me rassure en me promettant beaux paysages, et routes moins urbaines. Au feu rouge,
un colocataire de bitume en deux roues dialogue. Le feu vert interrompt sa curiosité, et vite son Kalkhoff prend de l'avance. Un instant je fais le malin et le rejoint. J'arrête ce jeu énergivore, mais c'est aussi peu après son arrivée.

Encore 10 km, et me voilà à Chambray les Tours, proche d'un dealer au jingle connu "a fond la forme". Question épineuse survenant, un Bighit et sa remorque ça se surveille comment dans un parking de supermarché ? Je tente une version prudente, entrer tout le monde dans le hall et poser la question. Je peux ? Dans un premier temps pas convaincue l'employée me dit non. Las, je prends les yeux d'un chat à qui on promet des misères (tel le chat de Shrek) : vous êtes sûre , j'en ai pas pour longtemps, c'est pour la bonne cause :acheter, le mot magique. Bingo ! Le hall près du préparateur en vélo se voit agrémenté de mon attelage. Un temps rapide dans les rayons et hop comme Zébulon me voilà à la caisse.

Trois kg de plus dans ma remorque, ça commence à faire en tout. Il me reste juste quelques km de mieux pour profiter et voir la pleine campagne. Suit les communes de Monts, Artannes, Thilouze sur une route relativement plate, et mon appel modéré à l'assistance est plutôt payant. Ce mois d'octobre est un peu fou, quel chaleur pour rouler. Il faut boire souvent.
Artannes, un peu d ombre et à boire, il fait très chaud.
Assez surpris (compte tenu du poids total) du comportement de ma batterie 10a qui ne cède qu'aux abords de Thilouze dans un décor légèrement plus vallonné après 68 km. Une épicerie, le plein pour le soir, ça commence à faire lourd, mais il ne me reste que quelques km et la chaleur est moins prenante. Bientôt l'Ile-Bouchard, étape prévue pour le bivouac, après 84 km. Il est 18H30. Le soir arrive, les bruits de la route sont parfois trop présents, mais avec le temps, le concert d'oiseaux nichant pas loin, et quelques grenouilles bavardes ont habillé la nuit._____Octobre est un mois d'été comme les autres.

Deuxième jour


Le duvet-matelas a été une assez bonne surprise. La tente Quechua 2 secondes c'est ça sauf ce matin, ou le remontage n'est pas aussi optimal. Voyons le schéma, non je ne vois pas, je re déballe, je m'emballe, c'est pas ça. Le temps prévu qui passe. P….. ! Puisons un instant dans les blagues, je n'arrive pas à faire un huit de mes mains mais une poule fait un oeuf (..) avec son Q. Vouais vouais, bon allez hop, je passe mon cinéma et je laisse aller un super 8 Quechua sans sac dans la remorque. Départ les 2 batteries sont pleines !

Tout a été planifié piéton sur mon HTC Désire HD sur Google Maps, et le GPS bouffe encore plus qu'avec Oruxmaps. Néanmoins, je ne connais pas totalement le parcours et chaque km qui passe est un total plaisir de découverte. 12 km de mieux et je m'arrête pour un café
à Champigny sur Veude. Je suis aux abords de la Vienne, et le GPS me guide en coupant, hors des petites routes, pour des chemins forestiers qui sont un véritable plaisir des yeux. C'est là quelque part après Pouant, que j'ai perdu mon sac à dos contenant notamment
les deux chargeurs des batteries. Je passe vite l'histoire du stress bien pénible que cela procure, pour le meilleur.

Adieu veau, vache, cochon, chargeurs..

Il y a nombre de bois à faire et dans la chaleur de cet été interminable, c'est bien ! Les km passent,une cinquantaine et je recommence un peu à souffrir des poignets. Peut être est ce du à un passage plus sablonneux, et un guidon tenu plus fermement.
Je tourne à 14, et
dans ces chemins à cette vitesse, une ribambelle de champignons me lancent des invitations. Des ceps, tout beaux tout jeunes, et en sortie de bois sur un champ connu apparemment uniquement par quelques bovidés pensifs, des rosés des près de belle taille. Il va falloir que je songe à une remorque de cuisine militaire et une batterie d'ustensile s'emboitant comme des Matroska, une glacière pour les oeufs, peut être un mixer mais je suis pas sur…
Une image de Vienne le soleil joue avec le colza.

Cela fait un moment que je suis non plus vers les Deux Sèvres mais en retour. Etre en pleine campagne avec peu de communes c'est génial, mais là avec mon oubli ça ce corse. Après plusieurs tentatives infructueuses de camping et un téléphone qui a mangé presque l'intégralité de 4 batteries, je pense carrément dormir au premier bois venu.
La batterie 20a affiche sa dernière diode clignotante.Voici Pouant, son unique restaurant, il est bientôt 19 heures. Question de cycliste fourbu à la patronne, y a t il un coin ou dormir ? Charmante la patronne me propose rapidement ce petit coin de pelouse, là juste derrière son restaurant. A peine plus la place que la tente elle même, mais, de vous à moi, le paradis.
Le silence quasi complet, garanti par son époux de maire, ayant décidé que les matines en pleine nuit ça cloche un peu.Un repas sympa, melon du coin et jambon itou, suivit d'une omelette complète. La patronne très sympa a tenté quelques coups de téléphone pour moi. Hélas je semble avoir joué au Petit Poucet qu'une seule fois. On attendait aussi le patron. Patron qui était en plein entraînement, c'est un fan de marathon dans les capitales du monde. Un coin du bar pour mon téléphone en charge, et c'est l'heure de se reposer après les émotions et 86 km.
Pouant et des restaurateurs sympa.

Pour tout ce coin allant du nord de la Vienne vers les Deux Sèvres, et pour tout ceux qui aiment la sensation d'étendues en toute liberté, je conseille ce décorum, bien sûr le coup de pub naturel vers des gens sympa et accueillant : "Le relais des deux provinces" 86200 Pouant. Dire aussi qu'avec un budget de 12 euros, téléphone/gite/resto diner/petit déj, moins cher et avec cet accueil là hein ? Une belle salle peut accueillir pas mal de monde. ____________________________________________Pouant, un peu de douceur et de repos.

Troisième jour


CHINON :L'invention de la remorque furtive et une foule d'espion de vélo cachée derrière un arbre .

Il y a au moins la batterie du téléphone qui est chargée. De quoi appeler PhiTours pour voir quel plan de secours est il possible de faire. Mon partenaire de Bighit se trouve à Chinon. La solution : son chargeur. Même si je ne pourrais recharger la 20a, c'est l'un de mes ultimes recours pour rentrer normalement. Après avoir convenu d'un rdv ensemble, je compte refaire un certain nombre de points de passage par lesquels je suis passé la veille.

Champigny-sur-Veude, Nueil-sous-Fay, l'Ile Bouchard mais rien de rien, oui je regrette mon bien. Donc Chinon, un RDV avec Phitours un petit resto, un chargeur, et quelques bricoles techniques à racheter. Le camping de Chinon a encore une bonne poignée de touristes, dont pas mal équipés en vélos.Au delà de la vallée de la Vienne, pas trop de côtes un paysage plus tourangeau, environ 58 km ce troisième jour, la remorque va faire une sieste dans la tente, et le pilote du vélo solo partir pour une balade tranquille.

Quatrième jour


Réveil assez tôt, soit je retourne chez moi dans la journée, soit je fais étape, la batterie décidera. Je me suis encore battu avec la Quechua, j'ai du faire un huit et demi. Je passe le pont de la Vienne au pied du château, là m'attend une côte assez forte et longue. A mi côte, je m'évade de l'effort et pense que la prochaine fois que quelqu'un rencontre un monarque il faudra lui demander de construire ses châteaux en bas.

Mais euh, ça empêche pas les côtes ça ! Je meuble ma solitude .. le bout est pas loin .. ne pas dégonfler trop vite la batterie. Ouff ayé, pause. Et glou et glou.
La suite est plus sympa, quelques descentes sont là, il fait bien frais presque froid, le soleil ne perce pas. Une petite dizaine de km et voici Huismes avec une côte pas mal sans être "qualité côte de château". Je stoppe dans le bourg, il fait vraiment sombre, je prend mon premier vrai café. Je sors il pleut.

Une veste Kway s'impose. Je parviens à Ussé, après pas mal de vent et de pluie intermittente. Encore quelques km et voici l'autre rive, la Loire.

Le soleil fait parfois son apparition. Sur les bords de la Loire (rive sud sur la carte de France) une petite route la D16 parfaite pour les vélos. Cette fois le vent d'ouest me pousse, il est légèrement plus chaud que l'air ambiant. Un coup de pouce pour préserver la batterie, au point de tout couper.
La Loire est magnifique, ses bras immenses,de la bruine dans le lointain et le soleil plus près, semblent chanter toutes les saisons en même temps.

En renfort, les bords de la levée sont toujours en vert tendre,plus loin les feuilles rougeoient tandis que des peupliers la jouent chic, dans leurs parures dorées.C'est une vingtaine de km de pur plaisir en direction de Langeais, ces jolies et rares maisons en bordure de la levée et à gauche le fleuve,
au milieu de tout ça quelques mouettes rient du temps. Un héron cendré et solitaire s'en va gracieux vers sa cachette princière, là dans les roseaux les pieds dans l'eau. Arrivée sur le célèbre pont de Langeais comme si le soir venait de tomber. J'allume mes deux feux de positions arrières.

Entre Langeais et Cinq Mars la pile quelques km à partager en pleine circulation, assistance mode deux, coup de pédale fort, vite un coin de route moins fréquenté. Enfin, Saint Etienne-de-Chigny à 4 km, il me reste trois diodes d'assistance, il est 11H30 je prévois de recharger deux heures la batterie pendant l'étape repas. C'est une commune, très bien située pour une étape vélo, le bourg commercial aménagé est en retrait de la route principale, on peut y voir son vélo en toute quiétude.
"Bonjour madame, j'aimerais manger tout à l'heure et svp pouvoir recharger ma batterie de vélo.
"Ben non c'est trop tôt pour manger.
"Pas grave, réitère-je , tout à l'heure, et ma batterie ?
"Ben on a une prise sur le comptoir mais pas de place pour vous.
"Et ailleurs ?
"Ailleurs ? Toutes les prises ailleurs ne marchent pas.
"Ha boooon ? Au Revoir et merci beaucoup.__________Le chateau d'Ussé.


Quand je vous dis que mon resto de Pouant est top ! ReBighit vers Luynes. L Hostellerie du château de Luynes m'accueille pour mon duo restauration et charge de batterie. A ce moment j'ai 3 diodes restantes, j'envisage une batterie à 60 70%. Il est midi en reprenant à 14 heures je suppose une batterie à 80 %.
Il me reste environ 44 km cela doit aller. Le temps de manger très tranquillement, il est bientôt 13 heures, et en attendant la batterie, je pense sortir faire un tour à pied vers le château. Sous la terrasse couverte, je toise si cette bruine épaisse veut bien cesser. Le retour de la pluie annoncé par Météo-France est là : c'est même en l'espace de 5 minutes un sacré déluge. Ha qu'il est doux de ne rien faire… à l'abri…Dans une synchronisation parfaite, le ciel se vide, ma batterie se charge.
Le pont de Langeais, il pleut des cordes.


Départ de Luynes ou je tente de voir ce que peut me donner le reste de la 20a. Positivement surpris de ne pas la voir clignoter, je commence mes km vers Tours. C'est du plat tranquille, un peu moins à l'approche de la grande ville, ou l'heure du travail et celui de la randonnée se marient assez peu. Je passe le quartier Paul Bert de ma petite enfance continue les quais de la Loire, et les dernières maisons de Tours jusqu'à l'abbaye de Marmoutier.

A présent voilà à nouveau la Loire bien visible à ma droite et sur ma gauche pendant des km les maisons troglodytiques, la plupart habitées. L'été ce type d'habitat est au top de la climatisation écologique. Rochecorbon: le reste de la batterie 20a aura duré encore 17 km. Arrêt technique, changement pour le cuissard, petit café, et changement de batterie, pour les 22 km restants.


A l'approche de Vernou sur Brenne le temps est mauvais et la bruine a fait son retour. Il faut attaquer cette grande pente qui mène aux coteaux. Dans cette rue relativement protégée du vent, les effluves venant du travail des viticulteurs annoncent le millésime Vouvray 2011.Une mention pour Aurélie qui se reconnaitra et m'a fourni de la bernache, et comme ça faisait bien longtemps, c'était excellent. Voilà la fin de cette côte, et les premiers rangs de vigne sont visibles. Il y a un vent en secteur Ouest Nord-Ouest assez soutenu. Il pèse latéralement sur l'ensemble cycliste remorque, et par moment il faut presque se coucher dessus pour aller droit.
Ma côte juste avant en comparaison est bien moins pénible,et, cela va durer 13 km en mode 3, je suis un peu en vrac. J'arrive à destination heureux, et preuve de plus que le vent peut compliquer un parcours.
Ma batterie 10a clignote depuis 5 km. Il est un peu plus de 16 heures. Fatigué, mais content.

Au total près de 300 km, et cette expérience en condition assez chargée avec une remorque, je la referais. C'est un bilan positif même avec son trou noir, et les rêves de décors verts et d'étendues étaient bien là. A tel point que j'ai du chercher ( écroulé dans le canapé ) tout les films qui font rêver. Quatre jours de balades égal un WE de films, le substitut est bon, même si la drogue verte est puissante.

Un remerciement tout particulier à Phitours, alias Philippe.


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Profil de Jmichelinfos Article de Jmichel.
L'histoire et l'informatique depuis longtemps, le BIGHIT 4 depuis 15 jours.. 58 ans de balades ou presque entre Touraine, Ile de Ré et Périgord. Vélo et voitures.

N° Article : 595
Article lu 5910 fois.
Créé le 11-10-2011 à 20h57.
Modifié le 12-10-2011 à 11h13.

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