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Couché et semi couché : quoi, pourquoi, comment

Comme ce type de machine séduit un grand nombre d'entre vous à la recherche d'information disparate à son propos, et que d'autres ont eu avec un contact difficile, je ne veux pas, en amateur carrément amoureux du vélo, vous laisser sur le bord du chemin de vos chers projets roulants à pédales dans l’ignorance ou le dégoût du couché et du semi-couché.
Qu’est-ce, quelles sont leurs vertus et leurs difficultés, surtout d’apprentissage, comment différencie-t-on l’un de l’autre, pourquoi en avoir – ou pas -, voyons cela dans les lignes ci-dessous.

1/ Définition : couché versus semi-couché


Commençons par notre commencement, puisque nous avons cité les qualificatifs généralement retenus dans la langue de Molière, révisée par Mochet, s’appliquant à ces bicyclettes. On distingue très simplement le couché du semi-couché par le fait que le couché, le pur, le dur, et de ce fait le plus ardu à aborder – qui a dit « casse-gueule » ? - se caractérise par un pédalier situé plus haut que l’assise, alors que le semi-couché possède un pédalier plus bas qu’elle.

1.1 Hauteur de pédalier


Il faut relativiser cette question de hauteur de pédalier sur un semi-couché, car j'ai reconnu des machines de cette catégorie à pédalier assez aérien, à 70 cm de haut – pas négligeable - .
Des noms ?:
le Spirit de chez HP Velotechnik en roue avant de 20’’. Le Spirit est un vélo à production générique, comme un médicament, son clone moins cher s’appelle Hopper, devenu Hopper II, et se trouve chez Optima.
A présent et à l'autre extrémité, et dans la catégorie du semi-couché, mon expérience de cycliste pépère me fait me glisser au guidon d’une future monture très citadine et à l’avantage évident, j’avais deviné avant d’embarquer, je l’ai acheté sur catalogue, d’un pédalier à 32 cm de haut seulement, à savoir un dérivé de Sparrow Cycle Genius.
Une autre machine à fabrication de masse à pédalier bas se trouve encore sur le marché de l’occasion, il s’agit du Revive de chez Giant, qui était en 20 x 20 (en couché, on caractérise notamment le vélo dont on parle par l’indication des diamètres respectifs des roues arrière puis avant), vélo finalement très peu couché.

1.2 différence d'assises couché versus semi-couché


Le Revive évoqué, même s'il impose une position du corps du pilote assez verticale, s'en distingue en revanche sans équivoque au chapitre de son assise, tout à fait traditionnelle, une galette dominée par un dosseret court et sommaire. En effet, l’assise d’un semi-couché adopte généralement une forme douce, plus large que longue, affublée d’un bec pointant vers l’avant, et surmontée d’un dossier généralement réglable en inclinaison vers l’arrière. D’ailleurs, ceci est très caractéristique : difficile d’avoir les pieds plus bas que le derrière sans ce type de siège, c’est pourquoi le vrai couché, avec pieds du pilote en l’air, se remarque à l’opposé par une toute autre configuration : le siège baquet ou moulé qui débute sous le haut des cuisses et se termine sans discontinuité notable en haut du dos, quand il ne s’accompagne pas de repose-tête, avec alors la forte inclinaison vers l’arrière que l’on imagine.

2/ Les débuts à bord


2.1 Réglages


Un des gros intérêts du domaine du couché, est que par l'éloignement de la distance pédalier-assise, chaque vélo s'adapte à des pilotes de tailles très variables, ce qui donne à chaque modèle une universalité importante (vérifiez les données constructeur sur ce point), gage de revente facilitée d'autant.

Bien évidemment, une fois l'assise calée, telle que vos jambes sont à peine fléchies, comme sur vélo standard, avec les pédales repoussées au plus loin de vous, vous positionnerez le dossier comme vous le sentirez bien, plutôt droit au début. Après quoi on termine par le cintre ou le guidon dessous, à positionner de manière à avoir les bras toujours un peu fléchis, plus que les jambes en extension.

2.2 Du plus facile


Si vous enfourchez un semi-couché, votre premier geste sera de prendre possession d’une sorte de transat ou de chaise longue. Après quoi vous pourrez vous dire légitimement, à contempler le guidon classique, le sol plus bas que d’habitude, et le pédalier en bas, mais loin devant, que la croisière ne va pas rigoler longtemps. Bon, alors, voilà le mode d’emploi.
Surtout, ne commencez pas par vouloir démarrer en pédalant, et après réglage intégral, lancez-vous en haut d’une pente modeste, démarrez bien vertical et à l’équilibre, prenez de la vitesse, pieds pendants, contrôlez-la calmement aux freins, et terminez par un virage large (prévoyez l’espace d’arrivée en fonction de cette man½uvre).

En progressant ainsi, et ayant acquis une sensation de maîtrise de l’équilibre et d’engagement dans le virage, vous pourrez tenter d’accompagner l’élan d’une pente douce par un pédalage peu appuyé. Ce n’est qu’après un accomplissement méticuleux dans ces deux phases que vous pourrez vous lancer pour du vrai roulage, mais attendez-vous à de belles hésitations en montée. Pas grave, les jambes toujours descendantes font que le pied n’est jamais trop perché pour sa mise à terre. Au début, vous vous cramponnez à votre guidon, tout en le tirant vers vous, crispés, comme des candidats à une noyade ratée accrochés à une bouée ? Pas grave non plus, ça vous passera en dix jours à un mois, ceci est uniquement du au fait de votre appréhension.

2.3 Au plus ardu


Compte-tenu de cet enseignement, vous comprenez pourquoi le vrai couché est d’apprentissage beaucoup plus difficile : pour rattraper une situation de déséquilibre, le pied et la jambe ad’hoc se trouvent plus hauts perchés, et le corps, plus allongé vers l’arrière, participe encore moins à un balancement nécessaire à ce rattrapage. Cela explique l'effort que le couché demande à relever la jambe à terre à chaque redémarrage, et aussi sa délicatesse à très basse vitesse, d’où la rareté de ce vélo à l’intérieur des villes. Et c’est aussi pourquoi la méthode que j’expliquais auparavant devra être encore plus intensivement mise en pratique pour aborder ce vélo-là.

Un couché de début facile : 26 x 20 guidon dessus, pédalier basD’autre part, une précaution supplémentaire pour ceux qui se sentent encombrés par leur physique et débutent dans le couché sera de jeter leur dévolu de première année de vélocouchisme sur une machine basse, à pédalier de hauteur modérée : un 20 x 20 ou un 26 x 20, même si pas des plus roulants, offrent une bonne plate-forme d’apprentissage très progressif. Les plus craintifs l’aborderont avec un produit à guidon dessus, recevant en option un guidon dessous pour plus tard.

3/ Particularité du couché : le guidon dessous


Maintenant qu’on est passé au chapitre générique du couché, examinons cette question de guidon dessous – quelques rares machines semi-couchées du passé ont fait l’objet d’un tel équipement : le Tagun de chez Hase, et le Peer Gynt de chez Radius notamment. A ma connaissance, les seuls survivants de ce cas de figure sont le Limo de chez Linear, et le Slipstream, ainsi que son grand frère tandem, de chez Longbikes, tous aux U.S.A.

Le guidon dessous permet d’avoir les bras en position descendante, naturellement détendue, c’est quelque chose de très confortable, tout spécialement sur longue distance. De plus, sur trike (tricycle à deux roues avant directrices, pour les non-initiés), si muni de commande hydraulique unique des freins des deux roues principales, vous pourrez même piloter à un seul bras, solution qui m’a bien aidé en dépannage sur mon Rider de chez Optima, un poignet dans le plâtre.
Si le guidon d’un vélo est en prise directe avec la roue avant, n’oubliez pas que le guidon dessous s’assortit nécessairement d’une direction indirecte, via liaison par biellette(s), laquelle peut avoir été calculée pour une démultiplication du mouvement de braquage. Un petit coup de guidon peut, à vos yeux, générer un braquage d’ampleur inattendue, contrôlez bien vos sensations et appréciations là-dessus.
Autre petit défaut à mettre parfois au passif du guidon dessous, il peut, par sa position, rajouter de la contorsion pour la montée à bord. Léger inconfort à réfléchir dans votre démarche d’équipement.
Enfin, petite indication pratique à propos du décryptage d’annonces de vente, vous pourrez parfois y découvrir l’emploi des abréviations anglo-saxonnes U.S.S et O.S.S., évoquant respectivement les guidons dessous et dessus (Under Seat Steering et Over Seat Steering).

4/ Marques et marché


Curieusement, semi-couché et couché opposent et séparent de manière évidente les écoles du vélo de loisir américaine et européenne.

4.1 Semi-couché



De l’autre côté de l’Atlantique, on est très orienté semi-couché, rarement à suspension, donc dans un esprit détente et simplicité très marqué, même si les années récentes ont vu la sortie aux U.S.A. de modèles couchés, en partie suscitée par le prix élevé de ceux importés d’Europe. Les marques de ces machines abondent, les plus populaires et connues étant Bachetta, Cycle Genius, Easy Racers, Rans, Sun, avec l’exception de Maxarya qui se situe au Canada.

J’y rajoute la marque peu connue Lightfoot, qui fait à mon sens des productions pleines d’intelligence, comme un Ranger 26 x 26 capable de tout faire, un vrai semi-couché universel, dont il existe une version Big Foot tout terrain ou presque, avec énormes pneus pour sable, boue ou neige fraîche.
De ce fait, on trouve de très nombreux accessoires sur ce marché, dont de très utiles boucliers avant aérodynamiques et protecteurs. Néanmoins ne passons pas sous silence les Scooterbikes de la marque éponyme, ni le Phoenix de chez Utopia, remarquables autres semi-couchés allemands 20 x 20 et 20 x 16 tout confort à orientation plutôt ville.
Dans la seule marque Cycle Genius, examinez les modèles Sparrow et Falcon. Avec leurs châssis 20 x 20 et 26 x 26, leur assise accueillante et leurs cintres qui tombent dans les mains, vous vous dites avec juste raison qu’ils s’abordent avec facilité, sans prise de tête, que vous pouvez tout faire juchés dessus, des randonnées sans fin, comme des courses en ville, sans pour autant pousser au suicide le ministre des finances de vos ménages.

Petit bémol générique pour ces produits, je me rappelle l’expérience que j’avais faite d’un Rans Stratus XP 26 x 26 dans Paris : ces vélos américains adoptent en effet une géométrie avant à grand angle de direction, de manière à ce que la potence inclinée amène le cintre à la portée des mains du pilote. Résultat, au braquage important, les bras partent complètement de côté pour faire tourner l’engin, et on se retrouve avec les deux mains sur le côté des deux genoux et dans leur alignement : man½uvriers en ville tortueuse s’abstenir.
De plus, cela entraîne ces vélos à s’étaler en longueur, 2,50 m pour ceux à roues de 26’’ seulement est un standard qui n’affole aucun américain (mon Maxarya Ray 1 X, malgré ses 20 x 20 et son pédalier à 52 cm de haut demande 1,95 m pour son parking), et l’engagement du virage à bord donne la sensation physique de tomber exagérément vers l’intérieur de la courbe. Autant dire qu’il faut réfléchir à 2 fois avant de jeter son dévolu sur les 28 x 28 de catalogues américains, propres il est vrai à dévorer les espaces de ce pays apparemment sans limites.

Enfin, il faut prendre garde parfois à des réactions dues au fait que la roue avant supporte un poids peu important, et peut perdre de son adhérence.Un semi-couché standard compact, Maxarya Ray 1 X, avec bouclier avant américain. C est une bicyclette très confortable et tout à fait adaptée à la ville.

4.2 Marques et marché du couché


4.2.1 Marginalité de la production


donc, traversons l’océan, pour retrouver, surtout du côté de l’Europe du Nord, les fabricants de couchés tels qu’expérimentés depuis des décennies. Leurs marques, semi-artisanales comme celles des U.S.A. ne manquent pas, et cela explique que tous ces produits somme toute marginaux si on les compare aux millions de vélos standard produits de part le monde, sont à prix correspondant : les engins sérieux démarrent à 1700 ¤ en neuf, et les produits un tant soit peu bien équipés sont tous dans une fourchette entre 2 000 et 3 000 ¤, les trikes pouvant dépasser la barre des 3 000 ¤ ; le tout hors assistance électrique, bien entendu. D’où l’intérêt de sites de vente d’occasion comme Troc-velo.fr, Cyclurba.fr et Bentokaz.com en France, et je conseille fortement à qui la fréquentation de l’Allemagne ne pose aucune difficulté la visite du site très fourni en annonces hpv.org des vélos couchés du pays.

4.2.2 marques et types de couché


Donc, pour envisager l'achat de ce type de vélo, on s’orientera vers les marques connues comme Azub, Bacchetta, Challenge, HPvelotechnik, M5, Nazca, Optima, Performer, qui a pris la place d’Azub dans le couché plus abordable ; et pour se retrouver dans le maquis de ces productions, je vous conseille de les classer en vélos touring de randonnée, et racers, vélos de vitesse si vous préférez, qui s’échelonnent en high, medium ou low racer. Notez le positionnement de Flevobike dans des produits de design très élaboré, et aussi de couchés à traction mécanique avant.

4.2.3 Cas des tricycles


Catrike, Ice, Greenspeed, Hase, KMX et autre Sinner sont à part, car, avec HPvelotechnik qui propose une machine pliable, sans oublier des généralistes du couché comme Azub, Challenge et Optima, ils centrent leurs productions sur le tricycle, ou plutôt les tricycles ; en effet, ces derniers sont soit à 2 roues arrière (configuration dite Delta, spécialité de Hase), avec ou sans différentiel pour répartir la force de traction sur les 2 roues, soit à deux roues avant (configuration dite tadpole) et roue arrière unique motrice, ces derniers étant souvent plus sportifs et bas que les autres.

4.2.4 Pratique (et pas pratique) des trikes


Comme je le disais à propos de mon Rider, ils sont du style « vivez la route en direct », avec votre Le rêve de bien des couchistes, le trike tadpole à guidon dessous, ici un Rider de chez Optima en 26 x 20séant à 20/25 cm du bitume, et des petites roues qui ne filtrent pas grand-chose, ce qui fait que ce sont de bonnes introductions aux sensations que l’on pourrait avoir dans une lessiveuse à l’essorage. Ah, le trike, c’est souvent le Graal du couchiste qui termine dessus son évolution, car ce peut être la machine offrant la plus grande détente possible, mais qu’on ne s’y trompe pas, sa surface frontale plus large (80 cm env au total) et ses 3 roues brident un tout petit peu ses performances maximales. Sinon, si pilotées calmement et conduites sur surface douces, ce sont des machines de grand confort, dans lesquelles on ne monte pas, mais tombe.

A l’arrêt par beau temps, on se dit que ne leur manquent plus que le sable, et l’eau tiède juste devant pour y tremper les pieds. Bien évidemment, vous avez compris que ce confort se goûte sans restrictions grâce à leur guidon exclusivement dessous en tadpole, qui se tient sans arrière pensée de maintien de l’équilibre, sauf quand vous saisit le démon de la vitesse et du pilotage façon kart sur circuit, auquel cas, le circuit, c’est la planète entière !

Petit avertissement : les garde-boues latéraux sont généralement montés sur des petits haubans, donc vibrent généralement beaucoup sous les cahots, et pourront joyeusement frotter sur les roues, et sur tadpole, si vous passez à vitesse élevée sur une grande flaque, ils prouveront sur le haut de votre pantalon qu’ils usurpent totalement leur appellation de "garde" quelque chose...
Autre petit reproche aussi aux trikes bas : la tête étant peu perchée en hauteur, restreint d’autant votre vision du paysage. Le rouleur tranquille découvreur de sites et avide de campagne sera bien avisé d'envisager le tricycle delta sur ce critère (assise plus haute).

5/ Sensations du débutant et du rouleur confirmé


Enfin, en avertissement général pour tout ce qui concerne le domaine du couché, tous engins confondus, ne vous fiez pas à vos sensations de lourdeur de début et d’essai, cela tient à votre sollicitation de muscles différents sans que vous vous en rendiez bien compte, et votre entraînement par l’habitude réduira la différence à néant par rapport au vélo traditionnel. Sinon, je ne serais pas un des cyclistes les plus rapides de Paris sur Maxarya Ray 1 X à bouclier avant.

En effet, rappelons aussi (adieu, ma vantardise…) que les avantages majeurs du domaine du couché sont la faible surface frontale de l’attelage pilote + vélo, d’où faible fatigue ou belles moyennes à bord pour cause d’une résistance de l’air très réduite au roulage ; et zéro mal au cou, zéro mal aux poignets et aux paumes, comme zéro mal au derrière : la tête est en position souvent naturelle, et le poids du corps est supporté par une assise bien rembourrée et de grande surface.

Conclusion


Voilà, j’espère que ce résumé d’expériences diverses et de passion éclairera vos choix, comme le soleil de juillet illumine une route campagnarde aux interminables alignements d’arbres, et afin que l’inconfort ne soit plus limitant pour votre cher loisir. Ainsi, vous pourrez vous donner slogan et moral de conquérant pour vos prochaines détentes, en vous élançant d’un joyeux : « A nous les p’tites routes ! ».
Et, et c’est bien là tout le bonheur que je vous souhaite, en envisageant les grandes aussi.


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Créé le 24-06-2012 à 17h11.
Modifié le 23-05-2013 à 13h09.

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