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Essai du mini-velo pliant electrique Velowatt Smallville 2013

Antoine, le créateur des VAE Vélowatt, m'a proposé de tester le mini-vélo pliant électrique Smallville pour Cyclurba. J'ai accepté, curieux de suivre l'évolution des produits qu'il a conçus à force de séjours prolongés auprès des entrepreneurs chinois. Il faut savoir en effet que mon premier VAE était un Greencity Monte Carlo, mon second un Watt's Up Mobidoo, modèles à l'origine desquels Antoine se trouve à chaque fois !

Que de progrès accomplis en une poignée d'années ! Si l'on s'intéresse au modèle 26" pour la ville, on se reportera à l'essai réalisé par Cyclurba: Essai du Vélowatt Bonneville 2013

Des VAE par correspondance



Le Vélowatt Smallville 2013 dans l exercice qu il affectionne: la piste champêtre libre et ouverte.Les VAE de la marque Vélowatt sont conçus depuis la France, puis finalisés sur le territoire chinois, où le concepteur impose ses conditions aux industriels chargés d'assembler et de vérifier chaque modèle.

En France, on peut se procurer les vélos soit auprès du magasin Cyclowatt à Houilles, si l'on vit en région parisienne, soit tout simplement en les commandant à partir du site de Vélowatt.

Pour ma part, j'ai reçu le modèle d'essai déjà monté. Je conseille donc aux lecteurs intéressés par ce mode d'achat de se reporter à l'article de Cyclurba: Montage d'un vélo électrique acheté sur Internet

Geste à effectuer pour serrer la potence.Il y a toutefois quelques différences entre la réception d'un pliant et celle d'un vélo comme le Bonneville: sur le Smallville, peu de pièces restent à assembler. Il suffit de déplier la potence et de mettre en œuvre la batterie et le Smallville est prêt à l'usage !

Au déballage , les cocottes de frein se trouvent à la verticale des poignées , il est bon de les relever d'environ 45° vers le ciel , pour ce faire, il faut desserrer le guidon avec la clef 6 pans fournie (la plus petite), orienter les manettes de frein plus vers le haut (45° par rapport à la verticale) et resserrer fermement tout en centrant le guidon .

Finalement, le plus long sera d'enlever les protections autour du cadre.

Première Partie: L'Aura des Villes


Le Smallville: agile en ville mais distancé en côte par le Bonneville, plus généreux en puissance.

Contact !



Ce qui saute aux yeux de tout habitué du vélo électrique, c'est l'absence de batterie. Celle-ci, en effet, est dissimulée dans la poutre du cadre. C'est un point qui fait l'unanimité autour de lui, tant sur le plan esthétique que pour des raisons dynamiques. Ensuite, les réactions diffèrent, depuis ceux qui le trouvent magnifique, jusqu'à un ami acrobate qui lui trouve une « esthétique des pays de l'Est ».

Si on le compare à son équivalent chez Nakamura, on découvre qu'en effet, Vélowatt tire moins bien son parti esthétique que la concurrence: la forme de la poutre est plus anguleuse, le logo est moins étudié, la peinture, de très bonne qualité, est moins aguicheuse, l'ensemble, avec une selle à flanc imitation cuir associée à des embouts de guidon noirs, est moins homogène. Après avoir longuement utilisé ce vélo, dans toutes les conditions, et en ayant dégagé le caractère spécifique, si je devais choisir une charte graphique rendant compte des qualités de celui-ci, j'opterais pour des couleurs rappelant les motos sportives s'adressant aux jeunes, un peu à la façon de KTM Duke. Pourtant, derrière les apparences, c'est le modèle de Vélowatt qui offre les meilleures prestations par rapport à la concurrence: l'habit ne fait pas le moine et Smallville rit sous cape !


La miniaturisation des batteries, quoiqu on en dise, progresse à pas de géant !Mais revenons à l'organe qui bouleverse le plus la silhouette générale de ce VAE par rapport à ses prédécesseurs: la batterie. Cette petite cartouche de 26 Volts et un tout petit peu moins de 9 Ah s'extrait de la poutre après avoir déverrouillé son articulation et plié le vélo en deux. Une serrure permet d'éviter le vol mais elle a le défaut d'être placée derrière un faisceau de câbles très gênants pour introduire et tourner la clé. D'après Antoine, on peut heureusement pallier aisément à ce défaut en utilisant des colliers rapides pour éloigner définitivement les câbles de la serrure.

Les dimensions de la batterie sont époustouflantes. Sur l'illustration, on peut voir dans ma main droite une batterie de Mobidoo datant de 2011 et ne contenant que 130 Wh, dans ma main gauche, la batterie du Smallville en contient plus de 200 ! Les oiseaux de mauvais augure qui prétendent que le stockage d'énergie vecteur électrique ne fait pas de progrès sensibles feraient bien de méditer sur cette photo.

Le Smallville en charge. La présence du fil bleu « Monsieur Plus » trahit la présence du contrôleur.Il n'est pas nécessaire, fort heureusement, de déposer la batterie à chaque fois qu'on souhaite la recharger. Une prise située à proximité de la serrure, sous la poutre du vélo, et semblable à un mini-connecteur RCA, accueillera votre chargeur pour une recharge sous un courant assez faible (bon pour la longévité des cellules mais réclamant de la patience) pouvant durer jusqu'à près de cinq heures, si toutefois vous avez vidé toute votre réserve d'énergie, ce qui ne vous arrivera que rarement, on le verra plus tard.

Une autre différence entre ce système de verrouillage de la batterie et ce que l'on a connu auparavant est plus difficile à évaluer, pour moi. Il se trouve en effet que la clé ne sert qu'à interdire le vol de la batterie mais pas le vol du vélo avec assistance. Ce qui a une conséquence rageante: si vous n'avez pas attaché votre Smallville, un voleur peut très bien s'enfuir avec en profitant de l'assistance. Autrefois, avec le Mobidoo, si un bandit s'avisait de s'enfuir avec mon bien sans en posséder les clés, il était alors contraint de pédaler pour emporter les 24 kilogrammes de vélo et d'équipement, ce qui me laissait le temps de lui courir après, de le rattraper et de lui casser la figure avant de le conduire au poste de Police afin de recevoir la juste récompense pour mon esprit citoyen. Avec le Smallville, pour peu que vous ayez laissé le vélo en configuration « Monsieur Plus », votre supervillain va profiter à plein de l'assistance et s'enfuir à plus de 30 km/h. Il vous reste la possibilité de dénicher une cabine téléphonique, d'enfiler votre costume de justicier et de le rattraper après avoir déroulé votre cape, mais tout le problème aujourd'hui est de trouver une cabine téléphonique en ville...

D'un côté, il y a l'inconvénient de mettre tout de suite à la disposition du voleur l'assistance de votre VAE, sans qu'il ait besoin pour cela de forcer une serrure. De l'autre, il y a l'avantage que plus jamais vous ne serez obligé de rentrer en pédalant parce que vous avez perdu vos clés: le Smallville est toujours prêt à l'usage. Inconvénient ou avantage ? A vous de juger.

Et puisque nous en sommes à évoquer les côtés pratiques de la partie électrique, il faut aussi noter que la façon dont le contrôleur utilise la console 790 apporte deux nouveautés intéressantes:

- la console et le contrôleur se coupent depuis le guidon ce qui évite le risque de retrouver son VAE vide le matin en partant au travail, parce qu'on a oublié de tourner la clé la veille au soir (c'est du vécu !)

- les appuis successifs sur le bouton de changement de mode ne suivent plus la séquence 1-2-3-1-2-3 mais une séquence 1-2-3-2-1-2-3, qui est plus pratique.

Cette batterie fait partie des organes classiques du VAE Low Cost: batterie, contrôleur, console 790 et moteur moyeu. Au sujet de ce dernier, remarquons sa petite taille et son aspect inox brillant, plutôt inhabituel jusqu'à présent. Il pourrait presque passer pour un moyeu ordinaire tant il n'affiche pas son identité de moteur électrique.

Le feu arrière à LED. On remarque le porte-bagage, sérieux et dépourvu de roulettes mais à pince.La batterie alimente aussi un phare et un feu arrière, tous deux à LED (Jos-Spanninga), dont l'allumage et l'extinction se commandent depuis la console du guidon. J'ai testé le feu avant (modèle Micro FF Led) volontairement sur un chemin de campagne que je ne connaissais pas. Le faisceau est relativement puissant mais assez étroit pour ne vous révéler que la piste sur laquelle vous roulez. Tous les obstacles et nids de poule apparaissent assez tôt à votre vue pour vous laisser le temps de les éviter mais vous ne savez pas ce que vous trouverez en changeant de file. Évidemment, ce bon fonctionnement suppose que vous ayez au préalable réglé correctement l'inclinaison du phare. Pour cela, vous disposez d'une vis cruciforme de réglage de la friction et le réglage se fait par crans. Trop haut, les automobilistes vous verront bien mais vous ne verrez pas la route et encore moins les chemins. Trop bas, vous éclairerez vos pneus. Heureusement, on trouve vite le bon réglage, et si l'on a bien réglé le serrage de la vis, on peut encore le modifier sans outil. Il faut enfin remarquer que si l'on est assez endurant pour vider complètement la batterie, on constatera une baisse de puissance, la dernière diode de la console commencera à clignoter lors des appels de courant (ce n'est qu'un voltmètre qui rend compte de l'état de la batterie), puis il clignotera tout le temps et pour finir, toutes les diodes de la console flasheront puis celle-ci s'éteindra définitivement, avec hélas, votre éclairage.

Pliabilité



Les éléments pliants du Smallville, comme la potence, inspirent confiance par leurs dimensions.Il n'est qu'à observer le Smallville pour constater que la pliabilité, si elle est correcte, ne fait pas partie de ses arguments commerciaux: pas de roulettes sur le porte-bagage, pas de bouton pour plier en trente secondes, pas de blocages une fois le vélo replié... Sa catégorie est celle des pliants occasionnels, c'est à dire qu'il se replie sans difficulté particulière mais qu'il n'est pas conçu pour les usages de rangement quotidien, comme sur le quai du RER. Quelqu'un de patient peut l'utiliser dans cette situation mais il ne faut pas être pressé. Clairement, les arguments commerciaux de ce mini sont le tarif et les performances de l'assistance, pas le côté « pliant », même s'il ressemble sur ce point à la majorité de ses confrères.

Si l'on observe cependant les organes voués au pliage du vélo, articulations, blocages de sécurité, on constate les progrès réalisés depuis un modèle comme le Monte Carlo, il y a cinq ans. Tout est bien dimensionné, cela respire la solidité et la rigidité, on est en confiance.

Partie Cycle



Le pédalier du Smallville est plus agréable à regarder que les productions vendues en hypermarché.Venons en au vélo lui-même.

Le Smallville est un mini-vélo pliant à roues de vingt pouces, sur un cadre poutre en aluminium, sans batterie derrière le tube de selle, donc court et maniable. Seules la visserie, les tringles de garde-boue et la selle (chariot) sont en acier, ce qui permet d'obtenir une masse totale de 18,5 kg, valeur sous laquelle il va être difficile de descendre désormais. Le moteur a en effet fondu d'un kilogramme depuis les anciennes versions de VAE Vélowatt La batterie, on l'a vu, a aussi été très sensiblement allégée. Sur quoi va-t-on gagner les prochains grammes pour arriver aux quatorze kilogrammes dont tout le monde rêverait sur un pliant ?

Faut-il préciser que cumulant batterie sur cadre poutre (calée par de fines entretoises), poids-plume, rigidité et géométrie courte, selle sportive, freins puissants et assistance réactive, le Smallville est un véritable pousse-au-crime ? Il faut se réfréner pour ne pas profiter de sa maniabilité pour se faufiler entre les voitures et il s'en faudrait d'un rien qu'on se retrouve en train de pratiquer le stunt au pied des immeubles. Le Smallville est très joueur...

Le freinage du Smallville est surpuissant !Le moment est sans doute venu d'évoquer l'un des points forts du Smallville: son freinage.

Les freins ont beau n'être que des V-Brakes, est-ce dû au cheminement court de la câblerie, à la rigidité de la fourche ou à celle du triangle arrière (qui contiendrait de la Kryptonite), toujours est-il qu'on a affaire à un freinage de trappeur canadien ! Les cyclistes débutants devront se méfier de la puissance du frein avant qui aurait tôt fait de propulser les distraits au-dessus du cintre. Pour ceux qui voudraient épater la galerie en soulevant l'arrière du vélo en revanche, c'est parfait.

Reste qu'en dehors des possibilités de clowneries variées, les freins du Smallville lui permettent également de s'arrêter dans un mouchoir de poche, ce qui est sans doute imputable à la rigidité du vélo comme à la qualité des pneumatiques Kenda. On pourra cependant remarquer le défaut inhérent à la plupart des mini-vélos pliants, et qui est dû à leur potence très haute: des vibrations dans le cintre si le freinage est prolongé. Rien ne saurait être parfait en ce bas monde...

La garde au sol des pédales en position basse est elle, sans critiques. On a gagné un centimètre par rapport au Bonneville, qui a lui, tendance à frotter dans les virages appuyés: le Smallville permet toutes les fantaisies.

Le dérailleur à six vitesses est un classique Shimano Tourney dont l apparence est en progrès.Venons en à la transmission, qui est confiée à l'arrière à un dérailleur six vitesses Shimano Tourney de très belle facture et bien protégé. Depuis des années, la firme japonaise améliore les produits situés au bas de sa gamme et on a maintenant des dérailleurs Ty/z qui ne se déréglent plus en permanence, qui durent et donnent beaucoup de satisfaction, même s'ils ne sont ni des plus légers, ni des plus agréables à la vue. Tourney est juste au-dessus dans la gamme, mais ce qui m'a paru nouveau, c'est l'esthétique nettement améliorée de ce dérailleur. De petites pièces de plastique viennent élégamment habiller les pièces les plus disgracieuses: bien vu !

D'après un autre essayeur, les développements manquent d'amplitude. Il ne trouve pas cela si gênant pour redémarrer puisque l'assistance s'occupe de tout à la moindre sollicitation du pédalier mais il trouve qu'aussi bien en côte qu'en mode débridé, cela empêche de profiter à plein des possibilités du vélo.

Le plateau, dont la gorge de guidage de chaine empêche les déraillements et protège un peu les bas de pantalons, fait 52 dents, les pignons vont de 14 à 28. Le développement minimum (en vitesse 1, pignon de 28) est 2,97 mètres (utiliser la calculette Cyclurba). Pour atteindre les 25 km/h en vitesse 6, il faut pédaler à plus de 60 tours/min. Monsieur Plus va devoir pédaler très vite : 85 tours/min pour les 30 km/h voire 100 à 35 km/h. D'après notre essayeur, le Tourney 7V n'aurait pas été du luxe.

Il y a beaucoup à dire sur la commande de dérailleur. Ce n'est pour une fois, pas un Revoshift, ce qui fera plaisir aux contempteurs de la poignée tournante, pourtant devenue très bon marché et plutôt fiable, mais un système Push-Push qui satisfait à une nouvelle volonté ergonomique: les vitesses doivent être montées en tendant le pouce vers le haut, sans doute pour profiter d'un fort bras de levier et nécessiter ainsi moins d'efforts de la part du pilote, puis redescendues une à une en pressant un gros bouton poussoir qui relâche la tension sur le câble. En théorie, l'ergonomie de ce système baptisé « RDS », semble assez bien conçue mais un défaut presque rédhibitoire vient condamner deux positions sur six, celles qui sont les plus inconfortables pour la main du cycliste. Comme on le voit sur la photo, lorsque je vais relâcher le câble pour passer du cinquième pignon au quatrième (de 2 à 3), l'oreille destinée à remonter vers les grands pignons va venir bloquer mon index contre la poignée, ce qui est assez douloureux à la longue. A l'appui suivant, je vais passer de 3 à 4 et l'oreille va rester dans cette zone gênante. A partir de la vitesse 5, elle vient se ranger contre le corps de manette et ne gêne plus la main.

Fort heureusement, les deux rapports concernés sont ceux dont on se sert le moins sur un VAE (en fait, on ne s'en sert pratiquement pas), car ils ne sont utiles ni à franchir une côte, ni à enrouler sur le plat, mais cela reste très décevant pour un système aussi prometteur.

L'écarter plus loin de la main n'est pas une solution envisageable car la forme de la manette fait que le levier de frein se retrouverait alors rejeté hors de sa portée. Une solution possible serait d'inverser les deux commandes: le levier de frein serait parfaitement bien positionné et la commande Push de retour serait un peu trop éloignée de la main, mais rien au moins ne gênerait plus la préhension de l'embout de guidon.

La selle du Smallville: sportive et mâle (aux fesses) !Contrairement à des VAE comme le Mobidoo et le Bonneville, dont le chariot de selle manque d'amplitude et ne permet pas de se reculer suffisamment pour enrouler le pédalage, le Smallville permet de régler la selle avec une bonne amplitude. Le cycliste est vraiment efficace ! Il y est d'ailleurs incité par une selle particulièrement sportive, pour ne pas dire spartiate, qu'apprécieront les sportifs, mais pas les hédonistes. La selle est de forme masculine très typée et ne devrait pas être appréciée par le fondement de ces dames. Qu'à cela ne tienne, une selle se change très facilement, cela fera une idée de cadeau pour la fête des mères.

Lors d'un essai long, j'ai souffert de la sensation de pression des rails de la selle, en partie parce que je n'ai plus pratiqué le vélo sportif depuis le mois de décembre, en partie parce qu'on porte généralement un short cycliste renforcé lorsqu'on utilise ce type de selle, et non un bermuda d'été.

Europe Assistance: Sine Wave, le temps passe Sine Wave



Le PAS du Sine Wave, la partie visible du sytème...Mais que vois-je ? Je parle, je parle et je n'ai toujours pas évoqué l'assistance qui est pourtant Le point fort de ce nouveau VAE.

Car c'est ce que l'on remarque en premier lieu lorsqu'on enfourche le Smallville pour la première fois, surtout si l'on connait les productions de VAE équipés d'un PAS d'il y a seulement un an. Terminés les démarrages laborieux, finis les demi-tours de pédalier avant qu'il se passe quelque chose, exit les injections inutiles de courant dans un moteur qui ne tourne pas encore à bon régime. Le Smallville est équipé du nouveau système Sine Wave et cela change tout !

Cyclurba avait déjà noté, lors de l'essai du Bonneville 2013, la présence visible sur la photo, d'un nombre plus important d'aimants sur la couronne (il y en a quatorze), ainsi qu'un capteur plus large qui semble ne jamais perdre de vue deux aimants à la fois. Il en avait conclu, peut-être un peu hâtivement que c'était là la raison principale du changement radical de fonctionnement de ce nouveau PAS. Il n'en est rien car si un propriétaire de VAE à l'ancienne essaye d'adapter à son PAS des aimants supplémentaires, il n'obtiendra pas ce fonctionnement onctueux que l'on remarque tout de suite sur le Smallville, pour la bonne raison que son contrôleur sera inapte et beaucoup trop lent à exploiter le signal.

Prenons une image qui illustrera bien ce qui a changé avec le Sine Wave: vous souvenez-vous des premiers APN (Appareils Photographiques Numériques) ? Vous n'avez pas oublié, j'espère, leur lenteur navrante au moment de déclencher la prise de vue ? On cadrait le beau sourire de la petite dernière au moment où celle-ci s'apprêtait à souffler les bougies d'anniversaire et alors qu'elle était resplendissante, on appuyait sur le déclencheur de son APN, on attendait un peu avant de pouvoir admirer, sur l'écran TFT... un beau gâteau couvert de bougies éteintes et une forme humaine perdue dans le noir. L'appareil avait été trop lent à calculer les paramètres de la prise de vue et celle-ci s'était effectuée près d'une demi-seconde après qu'on en avait manifesté l'intention. Fort heureusement, les constructeurs d'APN ont vite rectifié le tir en mettant plus de puissance de calcul dans leurs petits bijoux, constatant que c'était devenu le principal critère d'évaluation de la part des spécialistes comme des clients.

C'est exactement ce qui s'est passé pour le Sine Wave: la puissance de calcul du contrôleur a été fortement augmentée, afin de tirer parti des informations plus précises émises par le PAS et surtout, de les mouliner dans un programme beaucoup plus sophistiqué que ceux dont nous disposions dans nos premiers contrôleurs, tout en précipitant l'émission des consignes vers le moteur (en modulation de largeur d'impulsion). Le résultat est saisissant !

D'abord, l'assistance se produit dès que le pédalier bouge, ne serait-ce que de quelques centimètres. Je l'ai réalisé en poussant mon vélo dans un pré au milieu d'herbes hautes: à chaque fois que les pédales oscillaient d'arrière en avant, le moteur se mettait à démarrer, ce qui d'ailleurs m'a fait croire un instant que le vélo était équipé d'un programme d'aide à la poussée. Cela est très confortable non seulement pour les démarrages simples, mais également pour les démarrages en côte et les relances de dernière minute, pour finir de traverser une intersection au surgissement d'un véhicule venant de la droite, par exemple. J'en suis venu à me demander si ce système n'était pas même plus efficace qu'un capteur de couple, car on peut laisser les pieds sur les pédales à l'arrêt sans être contraint de tirer les leviers de frein pour ne pas démarrer, alors que le moindre mouvement du pédalier sera lui, détecté.

Autre avantage: l'autonomie, déjà favorisée par une partie cycle rigide et légère, semble s'en trouver sensiblement accrue. J'ai désespéré, au début de ces tests, de voir un jour la première diode de la jauge s'éteindre. Il faut dire qu'à l'oreille, on perçoit bien que le contrôleur n'investit pas des quantités inutiles de courant, lors des démarrages. Le petit bruit émis par le moteur lorsqu'il est commandé par le système Sine Wave est très caractéristique, et ne ressemble pas au bruit de tension qu'on avait sur les systèmes on/off.

Grâce à ce système révolutionnaire, le Smallville parait dynamique, sobre en énergie, et surtout se plier aux exigences de son pilote. Pour autant, il n'est pas aussi vaillant en côte que son grand-frère Bonneville. Cela est dû au contrôleur qui limite la puissance consommée à 350 watts contre 500 pour son ainé. Lorsqu'on aborde un faux-plat avec le Smallville, on sent aussitôt le vélo s'écraser, et cela est d'autant plus sensible que celui-ci est très dynamique sur le plat. En côte, comme le montre la deuxième photo de l'article, il faut prendre son mal en patience: le Smallville monte à son train de sénateur, peu conforme à l'image qu'il donne le reste du temps, cependant que le Bonneville s'échappe irrémédiablement. Pour autant, on peut franchir une pente très sévère sans fournir le moindre effort, simplement, il ne faut pas être pressé.

Et alors qu'est-ce que ça donne pour l'autonomie ?



Tracé du Test 1
Tracé du Test 2


Bien que j'aie parcouru près de 25 kilomètres (Test 2) en mode débridé 3 avec le Smallville, par jour de grand vent, sans parvenir à le vider (il restait une diode), je ne tiens pas à donner un kilométrage d'autonomie, car nous savons tous combien ce type de donnée est sujet à caution. J'écrirais simplement qu'il me semble que le cycliste qui utilise un Smallville est assuré de parcourir 20 km en mode 3, quelles que soient les conditions, même s'il a gravi le Mont Ventoux, et d'atteindre son but avec de l'assistance. Ce que je voudrais dire en revanche, c'est qu'au bout de ces vingt kilomètres, son endurance physique sera sans doute déjà bien émoussée, et que par conséquent, l'autonomie électrique du Smallville dépasse largement ce qu'un cycliste normal aura envie de supporter sur un mini-vélo non-suspendu.

Bien entendu, un cycliste ayant envie de démontrer que l'autonomie du Smallville est exceptionnelle grâce à sa légèreté et au dosage subtil de l'assistance par le Sine Wave pourra tenter de refaire l'essai sans débridage et en appuyant sur les pédales, nul doute qu'il va doubler son autonomie et dépasser 40 km à l'arrivée, mais j'espère pour lui qu'il se remettra vite de cette expérience !

En résumé



En résumé, la partie cycle du Smalville favorise les exercices sportifs en ville. Elle n'est pas très attentive au confort du cycliste, mais plutôt à lui offrir des performances élevées, lorsqu'il s'agit de lancer le vélo, de rouler vite, ou de stopper. Le Smallville est plutôt un mini qui s'adresse à un public sportif. On imagine le type de figures que les adolescents des quartiers pourraient créer lorsqu'ils auront découvert l'existence d'un tel engin ! J'attends avec impatience les premiers graphs sur les murs de ma ville: « Smallville en force dans les bouchons ».

En attendant, les jeunes cadres dynamiques vont pouvoir effectuer des parcours courts (4 ou 5 km) en se faufilant un peu partout entre les voitures et les piétons. Gare aux excès !




Deuxième Partie: Aura des Champs !



Cet essai ne serait pas complet s'il n'abordait pas le sujet de ce que peut faire le Smallville quand il se retrouve hors de la chaussée et de ses règlements. Ce VAE est en effet équipé d'un contrôleur bi-zone, c'est à dire conçu pour fonctionner selon le règlement européen, mais également selon le règlement américain (USA, Canada). Concrètement, cela signifie qu'à l'intérieur du compartiment contrôleur se trouvent deux câbles bleus de shunt (visibles sur la photo de la prise de recharge) qui permettent une fois reliés, de passer sous la loi américaine.

En configuration normale, les différents modes d'assistance permettent de rester assisté tout en roulant aux vitesses suivantes:

- en mode 1: au moins à 14 km/h
- en mode 2: au moins à 18 km/h
- en mode 3: au moins à 22 km/h (jusqu'à 25 km/h)

Pédaler dans la yourte



Et Monsieur Plus fut...

Nous ne voulions pas en rester là, et nous sommes allés voir le Grand Chamane afin de lui demander d'invoquer l'esprit de Monsieur Plus.

« Dis-nous, Ô Grand Chamane, peux-tu faire en sorte que nous pédalions dans le yaourt ? ».

Nous nous étions peut-être mal exprimés et le Grand Chamane nous a répondu: « Pédaler dans ma yourte, il n'en est pas question ! ».






Amérique Assistance: Et soudain, il y a mille Sine Wave sur ton chemin !



Après quelques palabres, le Grand Chamane a compris sa méprise et accepté d'invoquer l'esprit de Monsieur Plus. Après l'intervention de Monsieur Plus, les vitesses sont devenues les suivantes:

- en mode 1: au moins 22 km/h, assistance jusqu'à 25 km/h
- en mode 2: pas vraiment senti de différence
- en mode 3: au moins 28 km/h, assistance jusqu'à 31 km/h.

Merci Monsieur Plus ! Mais à quoi peut bien être utile un mode qui n'est autorisé que sur terrain privé ?

Eh bien en fait, il n'est pas si inutile que cela. Durant ma semaine d'essais, je me suis trouvé en situation de passer en mode Monsieur Plus bien plus souvent que je ne l'aurais imaginé. J'ai emprunté en effet: une piste cyclable roulante totalement déserte, un chemin de halage, plusieurs chemins privés, les chemins d'une base de loisirs... Même en mode utilitaire, il arrive qu'un trajet comprenne une longue portion sur laquelle aucune circulation automobile n'est permise et où vous ne rencontrez chaque matin aucun autre usager (tout le monde étant dans sa voiture).

Enfin le mode Monsieur Plus est aussi vraiment grisant lorsqu'on s'amuse avec le Smallville dans les chemins de terre. Lorsqu'on aborde une côte en revanche, le mode Monsieur Plus ne change rien à la limitation de puissance imposée par le contrôleur, ce qui explique que tout le dynamisme du Smallville s'évanouisse d'un coup dès les premiers obstacles. Le Smallville est un citadin, et si possible de cités plates.


Et alors finalement, lequel te tente ?



Monsieur Plus possède aussi un Smallville !Il y a une dizaine d'années encore, j'aurais sûrement été tenté par le Smallville. J'adorais m'amuser en allant au travail et j'étais capable de me dépenser physiquement de bon matin sans en subir les conséquences dans la journée. Le Smallville m'aurait mis de bonne humeur jusqu'au soir, où j'aurais été heureux de le retrouver pour faire le kakou sur le chemin du retour.

Aujourd'hui, j'ai bientôt la cinquantaine, des pépins physiques à répétition (sciatique, entorses...) et je ne peux plus me permettre de faire le fou quotidiennement (et même mensuellement, en fait). Le Bonneville retiendra mon attention pour effectuer mes onze kilomètres quotidien. Avec le Sine Wave et Monsieur Plus, lui aussi, il me rendra service sans m'amuser, mais il sera parfaitement adapté à mon usage. Je n'ai pas de fils bleus, moi, hélas !

Le Smallville est à conseiller d'abord à des personnes en bonne santé, qui n'ont pas trop de souci de leur confort à vélo, et qui recherchent le côté fun, la maniabilité, le gain de place. Il ne se destine pas aux longs parcours, malgré sa très bonne autonomie, mais au commuting urbain. C'est un VAE vendu à un tarif défiant toute concurrence (au moment où j'écris, à 699 euros). C'est aussi l'un des premiers à proposer le système Sine Wave, qui révolutionne le monde du PAS.

Mais comment vais-je l'entretenir ?



Geste à effectuer pour replier les pédales.Si vous vous trouvez près de Houilles, vous trouverez tout ce qui est nécessaire au magasin Cyclowatt qui possède toutes les pièces détachées, les conseils utiles et peut intervenir sur votre VAE. Si vous l'avez acheté par correspondance et ne pouvez effectuer le déplacement, il faut savoir que la partie cycle peut être réparée comme sur n'importe quel vélo. Les composants électroniques sont tous interchangeables et se trouvent facilement sur le marché. Vous pouvez les commander chez Cyclowatt. La console 790 se trouve partout. Chaque élément peut se remplacer très simplement: la console, le PAS, peuvent simplement se dévisser de leur support puis être déconnectés grâce à de petits connecteurs cachés dans les gaines en queue de cochon dont on remarque l'épaisseur autour du vélo et qui évitent que les câbles pendent de tout côté. Le contrôleur se remplace lui aussi assez rapidement mais cela nécessite l'ouverture du compartiment en bout de poutre. Le moteur, organe qui tombe très rarement en panne, nécessite une intervention plus longue pour être remplacé, mais cela reste possible. Le Smallville est un VAE standardisé, il n'y a pas de système maison.

Et maintenant, on replie les pédales, comme ça... et on arrête de jouer avec le Smallville !



Synthèse



* Les Plus :



- la révolutionnaire assistance Sine Wave
- les aspects dynamiques
- le freinage
- l'autonomie
- les jantes
- le tarif
- le fun, tout simplement !


* Correct :


- l'équipement
- l'assistance en côte
- le confort du cadre et de la fourche
- la transmission
- la pliabilité
- l'autonomie en mode Monsieur Plus
- la rigidité et les légers bruits émis par la potence

* Les Moins :


- gêne occasionnée par la manette en positions 3 et 4
- confort spartiate de la selle sportive et des embouts de guidon
- emplacement des câbles devant la serrure
- pas de verrouillage du vélo plié


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Créé le 15-07-2013 à 13h03.
Modifié le 23-10-2013 à 11h47.

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