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Montage et essai d'un moteur pédalier Bafang BBS01 250w

(NdR : Cet article est un condensé d’un test écrit pour VTTnet)



Tour du proprio :



Il existe de nombreux kits différents sur la base du Bafang BBS01, mais la plupart présentent la même configuration que celui que j'ai monté, un kit proposé par Moteur & Vélo ® Possédant un kit moteur-roue de ce distributeur, je souhaitais garder la portabilité entre mes batteries et surtout disposer du service client de cette entreprise.

On retrouve donc d’un côté les périphériques habituels des kits, à savoir une paire de freins avec capteurs, une gâchette de commande au pouce, un display et une commande. De l’autre le cœur du système, le moteur-pédalier lui-même et le contrôleur.

Rien à signaler de particulier sur les freins ou la gâchette, si ce n’est la connectique qui est étanche et à 3 broches, avec un code couleur pour faciliter le raccordement.

La console. Son support dispose de réducteurs pour s adapter aux différents diamètres de cintres.

La console est une console siglée Bafang, le modèle C961. Elle dispose d’un large écran très lisible avec rétro-éclairage, reprenant nombre d’informations (Heure, vitesse, kilométrage total, compteur journalier, jauge batterie, niveau d’assistance) et d’une commande déportée, permettant de faire varier le niveau d’assistance au pouce. Tout le système est étanche et parait de bonne facture, même si on est encore loin de la finition des consoles allemandes.



Le moteur en lui-même est cartérisé en alu et l’assemblage est dans les bons standards. Bafang ne s’est pas embarrassé de détails de design. Un petit sigle « 8 FUN » est la seule fioriture mais l’ensemble respire la solidité. Le bloc intègre une roue libre ainsi que le contrôleur. Ce kit est livré avec 2 couronnes de 46 et 48 dents, un cache couronne et 2 manivelles, ainsi qu’un outil spécifique de montage. Une nappe de câbles sort du bloc moteur, l’un pour la batterie, l’autre pour le capteur de rotation et enfin le faisceau central. Petit reproche, ces trois câbles sortant sous le moteur, donc exposés, il aurait peut être fallu prévoir une petite protection, sous la forme par exemple d'une petite goulotte.

Le BBS une fois sa couronne en place. On distingue sa forme particulière avec le déport. Juste 3 câbles sortent du moteur, l alimentation, le capteur de pédalage et le faisceau principal.

Petite particularité du contrôleur, celui-ci serait un sine wave. Ce système offre une réactivité excellente, proche d’un capteur de couple, ainsi qu’une qualité de pilotage du moteur optimisée. En découlent des moteurs plutôt sobres.

Seule véritable déception au déballage, la piètre qualité visuelle, de la partie transmission. On est dans le rustique. Le couvre plateau est dans un plastique ultra standard, qui parait cassant et dont on peut se poser la question de son vieillissement après quelques mois exposés aux intempéries, à la chaleur, aux UV. Le plateau est un produit maison. C’est un plateau en tôle emboutie, qui permet de déporter la couronne de dents afin de respecter la ligne de chaîne. Quand on a eu en mains des couronnes de VTT en mains, celui-ci ne souffre pas la comparaison. Va-t-il tenir des milliers de kilomètres ? Quant aux manivelles, elles paraissent un peu légères si on souhaite avoir un usage VTT. Mais elles conviendront très bien à un usage urbain. Rien de rédhibitoire en définitive, mais des éléments un peu en retrait par rapport au reste du kit.

Rien ne distingue la batterie Moteur & Vélo des autre batteries noname distribuée par la marque.La batterie de ce kit n’est pas un produit Bafang, mais une batterie siglé MEV de grosse capacité, puisque c’est une 15 Ah (depuis notre test il existe aussi une 17 Ah). C’est une batterie de type rack, qui se glisse dans le porte bagage. Elle dispose d’un verrou à clef et d’une jauge à led. Rien ne la distingue des batteries made-in-china que ce distributeur propose aussi à son catalogue. C’est à l’intérieur que tout se passe. Assemblées en France, ces batteries disposent de cellules Samsung. Le gros avantage, outre le fait que c’est assemblé en France, c’est la possibilité qu’il y aurait de faire régénérer la batterie en fin de vie, le constructeur pouvant recycler les anciennes cellules et remonter de nouvelles. Economiquement et écologiquement cohérent. En outre une avec 15 Ah voire 17 Ah, cette batterie offre probablement une très belle autonomie.

Le montage



Il ne faut pas beaucoup d outils pour monter le BBS. Un jeu de clefs, une clef à ergots (ou l outil spécial) et un démonte pédalier, soit pour boitier, soit pour roulement externe (outil à gauche)Avant de monter, il faut démonter. Il faut donc enlever le dérailleur avant du vélo, les commandes de freins, et éventuellement remplacer les commandes hydrauliques, si on est en freinage sur disque par des freins à disques mécaniques. Il est à mon humble avis déconseillé de se passer des capteurs de coupure au freinage, même si le système peut fonctionner sans.


Et bien sûr il faut démonter totalement le pédalier. C’est cette opération qui peut être délicate si vous n’avez pas l’habitude de la mécanique du vélo. En fonction du modèle de pédalier, il vous faut des outils spécifiques différents. N’hésitez pas à prendre des informations sur les forums sur internet ou allez voir un vélociste, qui pourra démonter votre boite sans trop de frais. Pensez aussi aux ateliers participatifs, un bon moyen d’apprendre et de faire soi-même.

Une fois assemblés la couronne et le protège plateau, il suffit de glisser l’axe dans la boite de pédalier. La notice de montage fournie avec le kit est très précise, avec pleins de photos. Idéal pour ceux qui possèdent deux mains gauches. Le montage de la console est sans problème. Bafang a eu la bonne idée de livrer la console avec des réducteurs. Ainsi on peut la monter sur les 2 standards de diamètre. La commande déportée et la gachette ne posent aucun problème. J’ai toutefois dû monter la gâchette à gauche, car sa forme s’adapte mal à des commandes de dérailleur de type schifter et elle se retrouve repoussée trop loin pour la commander de manière confortable. Par contre la commande déportée comporte une gorge qui masque le câble et permet de la monter à touche-touche avec la gâchette. On a ainsi tout sous le doigt.

Le moteur en place avec sa contre plaque et les deux écrous à ergots.Le montage du moteur est un jeu d’enfant. Une fois assemblés la couronne et le protège plateau, il suffit de glisser l’axe dans la boite de pédalier, placer la contre plaque, positionner le moteur et viser les 2 vis. Puis, à l’aide de l’outil spécial (ou d’une clef à ergots articulée) de serrer l’écrou et le contre écrou. Bien entendu on prendra soin de graisser les filets. Montage des 2 manivelles, puis de vos pédales. C’est terminé !



Il faut ensuite faire passer le faisceau, brancher les prises et relier la batterie et le capteur de rotation situé sur la roue arrière ainsi que son aimant. Toutes les connexions sont des connexions étanches. Les pins sont petits et il faut donc éviter d'être brutal en les montant. Enfin il ne reste plus qu’à faire un toron bien propre avec le reste de cables, car si le faisceau est bien dimensionné en longueur, les fils qui relient les commandes sont un poil longs.

Le poste de pilotage avec la commande déportée, la gâchette et la console.Dernière étape le réglage de la console. Comme une montre ou un compteur, on utilise une combinaison de commandes avec les touches MA / + et – de la commande déportée. Réglage de la dimension de la roue, les unités, l’heure, mise à zéro du totalisateur. On regrettera qu’en ce qui concerne la roue on ne puisse aussi choisir la dimension du pneu, les grosses sections doivent fausser un peu la valeur. Gros avantage de cette console, l’accès à l’arrière-boutique. En effet, on peut accéder aux paramètres des réglages avancés. De série le moteur est réglé avec 3 niveaux d’assistance et une limitation à 25 km/h, le seuil légal en France. Le Bafang permet de passer à 9 niveaux de modulation et à un seuil maxi de 50 km/h.

Le montage complet du kit est très rapide et ne prend que quelques heures (en gros 2 heures maxi sans se presser). C’est simple et à la portée de tout le monde et cela ne demande que peu d’outils. Le plus long a été le montage du porte-bagage support de batterie.

On the fly …



La toute première impression, en comparaison avec un moteur roue, c’est le gain de poids. Ce kit paraît plus léger mais je n’ai pas eu la présence d’esprit de peser les deux. La deuxième c’est l’équilibre des masses, puisque l’on est centré et bas sur le vélo, qui est clairement plus agréable à piloter qu’avec un moteur roue. Sans assistance on a garde un pédalage normal, on ne sent absolument aucune résistance particulière et hormis son embonpoint - j’ai poussé le vice jusqu’à faire l’expérience sur 10 km - le vélo reste bien un vélo, agréable à pédaler.

Dès que l’on met l’assistance on sent que celle-ci arrive quasi tout de suite. En fait il faut environ 1/8 de rotation de pédale. On n’est pas très loin des sensations que l’on peut avoir avec un capteur de couple. Surprise toutefois, moi qui suis habitué au moteur roue, je ne retrouve pas l'effet "booster". Fini le bruit d’accélération du moteur électrique et la montée rapide en vitesse. Là c'est plus linéaire, et surtout c’est très silencieux. C’est d’ailleurs une constante, le silence de fonctionnement de ce moteur, extrêmement agréable. En comparaison, j’ai l’impression de passer d’une petite essence nerveuse à un bon gros diesel bien coupleux. La montée en vitesse est plus linéaire certes, mais aussi nettement plus puissante. En 48 / 11 j’arrive très vite à la vitesse max de coupure à 25 km/h, surtout en mode 3.

Si on augmente le seuil et le nombre de niveaux d’assistance, le comportement du vélo change. En ville, niveau d'assistance 6, j'ai eu l'impression de me trainer. Mais c'est une impression, car en fait on est très facilement au-dessus de 25, donc plus rapide qu'avec mon moteur roue. Je pense que cette impression vient d’un meilleur développement (je suis passé de 44/13 à 48/11), du silence et de la facilité, car l'assistance est très présente et on pédale vraiment sans peine. Si on pousse un peu, on atteint facilement et sans forcer 30 km/h, même avec un en vent de face.

Sur piste ouverte, il est temps de lâcher les chiens, assistance 9. En mode pédalage cool, sans forcer, on cruise à plus de 30 km/h. Si on augmente la cadence de pédalage, alors il est courant d’atteindre 40 km/h. On maintient facilement cette vitesse, mais elle demande quand même un effort encore conséquent. A ce rythme, sur mon trajet vélotaf’ habituel, j'arriverais probablement trempé à destination. En fait on sent comme un manque d’allonge, un peu comme si l’assistance diminuait à ce niveau de vitesse. J'ai donc employé la méthode manuelle : la gâchette. Là cela a été une surprise. Autant sur mon moteur roue, la gâchette n'apporte rien en plus en roulant, autant là on sent clairement un effet booster. Gâchette à fond, il faut augmenter la cadence de pédalage mais en revanche on diminue les watts dans les pédales. La vitesse atteinte sans forcer, se situe autour de 40 km/h en continu ! Avec un vélo plus léger, des roues de 28 et une transmission alfine 11 on atteindrait presque le 50 km/h ! (48 exactement avec la même cadence de pédalage en 48/22).

En montée, le BBS01 est très coupleux. En moulinant bien on monte à bonne allure sur une grosse cote, plus vite que mon moteur roue...et largement plus vite qu'en vélo sec. Sur un très gros raidard (une coupe piéton entre 2 lacets), j’ai tenté un démarrage en cote qui aurait été même limite avec mon vtt en 22/36. Le 8Fun a grimpé le bout sans broncher. Impressionnant.

Petite précision concernant le passage des vitesses. Mon vélo est équipé d'une transmission classique 1x9 tout Shimano XT. Il parait évident que l'on a des passages de vitesses "sous charge" le plus souvent. Rien de grave dans mon cas, cette transmission étant du matériel VTT, prévu pour recevoir des watts et les vitesses montent et descendent de façon fluide. Mais cela veut dire qu'il faudra prendre soin d'avoir une transmission parfaitement réglée.



Reste qu’il me semble que dans les phases de démarrage ou de montée, le Bafang se montre moins naturel au pédalage qu’un moteur roue. On a parfois même l’impression que plus on lui en donne, moins il en offre. C’est un peu déstabilisant au départ. Il faut donc parfois lui passer la main et trouver le bon couple rapport / vitesse de pédalage pour avoir toute l’assistance. Ou alors il faut avoir un usage plus large de la gâchette. Une partie de la réponse se trouve probablement dans la programmation usine de la console, qui limiterait la puissance délivrée par le moteur lorsque l’on est en mode automatique (capteur de vitesse). La solution à ce manque d’allonge passerait donc dans une reprogrammation de la console.

Toutefois rien de rédhibitoire. Il faut juste un peu d’apprentissage pour maitriser ce moteur qui se révèle d’une redoutable efficacité dans un usage urbain et péri-urbain. Rapide, coupleux, très silencieux (associé à ma roue libre silent clutch j’adore !!) et semble t’il très économe, puisque j’ai réalisé, sans jamais mettre la batterie à genoux, des sorties de + de 70 km, dont une bonne partie en niveau 9 avec la batterie 15 Ah.
Avec le gros modèle en 17Ah, je me demande si on ne doit friser les 100 km sur plat. De plus, outre ses qualités intrinsèques, le Bafang BBS01, présente l’énorme avantage de se monter et démonter facilement et de vous suivre lorsque vous changez de vélo. Même si vous changez de format de roues, ou de transmission. Une portabilité complète, qui est un vrai plus.

Premières conclusions



Donc un premier contact très positif pour ce BBS01 et il faudra bien entendu que l’épreuve du temps confirme toutes les qualités que l’on entrevoit dans ce petit moteur pédalier. Mais il pourrait bien se révéler être une arme redoutable pour les vélotafeurs ou les voyageurs au long court, qui recherchent silence de fonctionnement, vitesse et sobriété. Seule petite réserve à ce stade, la couronne du kit, qui reste un matériel "propriétaire" et dont on peu de poser la question de sa tenue dans le temps et de son remplacement. Va t'on disposer facilement des pièces dans le futur ? Bien sur ce kit reste plus cher qu’un système moteur roue et il faut compter un gros billet à 4 chiffres pour un ensemble complet avec batterie. Largement moins cher toutefois que les vélos de constructeurs qui se négocient, à performances équivalentes dans les 3000 Eur.


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Créé le 03-06-2014 à 22h13.
Modifié le 05-06-2014 à 17h09.

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