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Le « vélo électrique alsacien » testé durant deux mois

Produire un vélo électrique en Alsace : c’est le pari relevé par un ingénieur et un économiste, Georges Weckerlin et Jean-Luc Ginder, qui ont imaginé un engin original baptisé « BOBI », avec pour objectif de se démarquer de la production essentiellement chinoise de VAE (vélos à assistance électrique). BOBI, cela signifie « BOllwiller BIcycles », car c’est dans cette commune située entre Mulhouse et les Vosges qu’est né le projet, aux alentours de 2010.

Le Bobi, un vélo électrique assemblée dans le Grand Est - à défaut d y être intégralement fabriqué.

La production du cadre acier et une partie de l’assemblage se font finalement un peu plus loin, en Lorraine, mais cela reste dans le Grand Est. Et malgré cette production et l'assemblage effectués localement, les promoteurs du BOBI ont réussi à maintenir un prix d’appel hors taxes inférieur à 1000 euros, ce qui constitue un seuil psychologique pour de nombreux acheteurs.

Premiers contacts



Une petite roue à l’avant, un guidon façon cruiser, un grand panier pour les courses et un cadre bas facile à enjamber : le look du BOBI a de quoi surprendre et attirer la sympathie. Ce design particulier permet en tout cas de distinguer le vélo électrique alsacien des clones chinois qui se ressemblent tous. Le moteur, situé dans le moyeu de la roue avant, permet de bénéficier de deux roues motrices. Il alourdit toutefois l’avant du vélo, également lesté par la batterie (située sur le tube de direction) et le panier. Mais la petite taille de la roue permet de préserver une bonne maniabilité, à condition de ne pas trop charger le panier en faisant le marché…

Le Bobi, un vélo électrique assemblée dans le Grand Est - à défaut d y être intégralement fabriqué.

Le cadre monopoutre en acier permet d’assurer une rigidité correcte, mais il ne faut pas attendre du BOBI les performances d’un vélo sportif à cadre fermé. Le poids annoncé est de 23 kg pour la version à petit moteur (BOBI GP), 24,5 kg pour celle avec un moteur plus coupleux (BOBI Pro) ; mais une fois sur la balance, le BOBI affiche quatre bons kilos de plus que promis. C’est beaucoup dans l’univers des vélos électriques, où la moyenne se situe aux alentours de 22-23 kg.

A l’essai



On craignait un manque de confort au vu de l’absence de suspensions avant ou arrière. A l’usage, il n’en est rien : grâce aux larges pneus de l’excellente marque Schwalbe, le vélo est moelleux, surtout si on ne surgonfle pas. La selle gel assure également un bon confort, de même que le guidon recourbé, qui permet de conserver le dos bien droit. En revanche, la forme de ce guidon ne facilite la lecture du petit ordinateur de bord LCD, où sont affichées la vitesse, la puissance de l’assistance, la jauge de la batterie, etc.

Les concepteurs du BOBI l’ont doté d’un petit accélérateur qui facilite les démarrages en activant le moteur jusqu’à 6 km/h. Au-delà, il faut forcément pédaler pour mettre en action le détecteur de pédalage et le moteur. A noter qu’il est possible de paramétrer l’ordinateur de bord pour que l’accélérateur fonctionne jusqu’à 25 km/h ; mais dans cette configuration où le pédalage devient facultatif, le BOBI ne peut plus être utilisé sur la voie publique, n'étant pas homologué en tant que cyclomoteur (ce qui rendrait obligatoires le casque, l’assurance et la plaque d’immatriculation).

Le Bobi, un vélo électrique assemblée dans le Grand Est - à défaut d y être intégralement fabriqué.

Au démarrage et en phase d’accélération, la puissance du moteur rend le vélo plutôt nerveux et assez joueur. Mais en approchant des 25 km/h, l’assistance diminue et le poids du VAE se rappelle à son pilote. Au-delà de 25 km/h, l’assistance se coupe – comme le veut la réglementation – et c’est aux cuisses du cycliste de prendre le relais : un exercice faisable pour un sportif entraîné mais vite désagréable, au vu du poids et du manque d’aptitudes sportives de ce vélo.

Si l’on ne surpasse pas l’assistance et qu’on ne le brusque pas, le BOBI se montre assez plaisant en conduite tranquille, par exemple pour faire ses courses en ville. Le dérailleur interne à trois vitesses (de marque Sturmey Archer), qui permet de changer de rapport même à l’arrêt, se montre très pratique dans un environnement urbain. Mais il est peu adapté pour un usage sportif ou dans de fortes côtes. Il en va de même du petit moteur du BOBI GP, qui est trop mou pour aborder les montées sans se fatiguer. Le gros moteur du BOBI Pro fait un peu mieux, mais aura quand même bien du mal à vous conduire au sommet du Ventoux sans suer sang et eau… Ce gros moteur est également assez bruyant, contrairement au petit.

Le Bobi, un vélo électrique assemblée dans le Grand Est - à défaut d y être intégralement fabriqué.

La batterie Lithium-ion fonctionne sous 36 volts et affiche une capacité de 10,4 Ah (ampères heures) : c’est 110 fois moins que sur la nouvelle Renault Zoé, mais cela nous a suffi pour parcourir une quarantaine de kilomètres sans recharger, sachant toutefois qu’elle n’était pas sollicitée une fois dépassés les 25 km/h, par exemple en descente. La batterie est amovible facilement avec une clé et la recharge s’effectue sur secteur en quatre ou cinq heures. A noter que, contrairement à une voiture hybride, le BOBI ne se recharge pas au freinage.

Freinage contrasté



A propos de freinage, le frein avant à disque hydraulique est très efficace, contrairement au frein arrière à tambour. Ce dernier a paraît-il besoin d’être rodé pour devenir efficient. Mais durant notre test de plusieurs semaines, il s’est avéré défaillant. Son principal mérite est d’actionner un coupe-circuit qui déconnecte le moteur : c’est très utile lorsque, en marchant à côté du vélo, le pédalier a tendance à tourner et à enclencher le moteur ! Un défaut de jeunesse qu’il conviendra de corriger pour rendre le BOBI parfaitement sûr.

Le Bobi, un vélo électrique assemblée dans le Grand Est - à défaut d y être intégralement fabriqué.

Autre défaut : l’éclairage à led n’est pas commandé par l’ordinateur de bord et ne dépend pas de la batterie, mais de piles. Il faut donc l’allumer manuellement à l’avant et à l’arrière et surtout penser à l’éteindre pour ne pas vider les piles. Autre caractéristique perfectible de la console au guidon : elle n’est pas rétroéclairée. La nuit, il est donc difficile de savoir lequel des cinq niveaux d’assistance est enclenché.

Plus globalement, le rapport qualité-prix de ce vélo peut encore être amélioré, sachant que le Bobi GP coûte 1180 euros TTC et le BOBI Pro 1400 euros. C’est certes plus cher qu’un VAE chinois aux prestations voisines, mais cela comprend un SAV de proximité et la satisfaction de rouler sur un vélo original et made in Grand Est !

Plus de précisions sur le site velobobi


Article précedent: Reconditionnement batterie Bionx (Matra I-step Runner 2011)

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Créé le 20-02-2017 à 15h51.
Modifié le 28-02-2017 à 17h29.

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