Ecox, le spécialiste du vélo électrique
Dossiers > Vélo électrique: Essais

Essai du VTT Cycoo 2016 36V vendu à Carrefour.

Acheter un vélo pour un membre de la famille, en l’occurrence mon neveu, quelle meilleure occasion d'en réaliser l'essai ? La marque Cycoo, dont les vélos sont assemblés à l'usine de la MFC à Machecoul (là où sont assemblés les vélos des marques Sunn et Intersport) propose ses montages dans les chaines de magasins Carrefour, Feu Vert, Go Sport... Ces modèles en constante évolution d'une année à l'autre font parfois l'objet de promotions, aussi faut-il savoir garder l’œil ouvert pour en profiter ! J'ai eu celui-ci lors d'une promo à 750 euros mais il s'est vendu même à 699 euros.

J'ai tout de même eu de la chance: pour ce tarif, j'ai eu droit à une fourche Suntour XCR !

Un VAE bien né, mais mal vendu



Vue sur la console et la batterie.Le VTT Cycoo est vraiment une bonne affaire, malgré ses freins à câble et sa batterie de capacité moyenne (moins de 400Wh). Il est en effet équipé d'une très bonne fourche dans mon cas (avec blocage, réglage de la pression et du rebond) et d'un petit moteur costaud, le DGW7 qu'on retrouve chez Giant, un moteur à réduction très léger et discret mais qui, associé au contrôleur dissimulé dans le socle de batterie, fournit des sensations de pilotage très vives.

Si vous avez décidé de franchir le pas, je ne puis que vous conseiller d'être très attentif au moment de l'achat en grande surface, ou si vous ne maitrisez pas tous les aspects de l'achat d'un VAE, de vous faire accompagner par quelqu'un qui les maitrise, car votre vendeur lui, ne sera probablement pas dans ce cas. C'est ainsi que j'ai eu à réclamer: l'actionneur de blocage de fourche (disparu), le chargeur de batterie adéquat (on m'en a fourni un avec le mauvais connecteur, puis un avec le bon connecteur mais la mauvaise tension) et même le vélo (le vendeur ne parvenant pas à le trouver, j'ai poireauté un quart d'heure pour rien mais y ai gagné 150 euros en partant avec le modèle exposé) !

On m'a même découragé d'acheter le vélo parce que la roue arrière émettait un grincement. J'ai déposé un peu de salive sur le disque de frein et fait constater par le vendeur que le bruit avait disparu avant de le convaincre qu'il pouvait bien me vendre ce vélo.

Autre inconvénient: certains réglages seront à reprendre, comme celui des freins, dont les étriers ne sont pas forcément montés au mieux, ni la plaquette fixe réglée correctement. Ce sont de toute façon des opérations qu'il faut savoir effectuer pour régler des freins à disque.Les rayons, eux, semblent tendus de façon satisfaisante, ils ne se seront jamais déréglés, ni les roues voilées, durant les 200 premiers kilomètres, et ce point est très satisfaisant car il est plus délicat de dévoiler une roue que de régler ses freins.

Vue d ensemble.

Prise en main

Le VTT m'a été livré « prêt à rouler » par Carrefour. Se méfier là aussi car le préparateur du vélo n'est autre qu'un employé du rayon Loisirs, qui n'a pas de formation spécifique aux cycles. Même si je n'ai pas eu trop de choses à faire pour aller utiliser le vélo pour la première fois, il m'a tout de même fallu débloquer la fourche (livrée en position bloquée), aligner les étriers de frein sur les disques, rentrer les plaquettes fixes (trop sorties) et légèrement tourner le cintre et la potence par rapport à la fourche car mon bras gauche n'est pas beaucoup plus long que mon bras droit. Ces opérations sont toutes des réglages basiques que devrait maitriser n'importe quel cycliste, mais si on n'y connait rien et qu'on est mal entouré, on risque d'être bien ennuyé. Le vélo était pourtant utilisable dès la sortie du magasin, si l'on veut bien passer sur la fourche bloquée, une erreur manifeste.

Finir de charger la batterie est une opération simple puisqu'on peut l'effectuer directement sur le vélo ou bien en déposant la batterie grâce à l'une des deux clés livrées avec. La charge complète ne dure pas plus de cinq heures mais celle à la sortie du magasin est beaucoup plus rapide. On est donc bien content de pouvoir enfourcher rapidement le vélo pour aller le tester dans les sous-bois les plus proches. Dès les premiers tours de pédale, on découvre avec plaisir que l'assistance réagit au quart de tour de pédalier et que le moteur pousse très fort. On est un peu déçu de constater l'arrêt de l'assistance assez brutal à 25 km/h (Oh non ! Déjà en panne !) mais agréablement surpris de réaliser qu'il est aisé de continuer à pousser le vélo avec ses jambes jusqu'à 30 km/h sans rencontrer de résistance notable. On a une partie cycle roulante et efficace qui fait complètement oublier qu'on se trouve sur un vélo électrique, ce qui est plutôt rare en ce domaine. Cela vient en partie du très discret moteur DGW7. Rouler plus vite ne sera pas facile car d'une part, la transmission à un seul plateau est relativement courte, d'autre part, le moteur n'est pas équipé d'une roue libre et donc, on va commencer à produire un peu de courant, pratique pour recharger insensiblement la batterie, mais pas pour soutenir l'effort.

Tout le monde descend !



Si l'on découvre vite que peu de côtes résisteront à la bonne volonté du couple moteur/contrôleur, a tel point qu'il faut engager le vélo dans une de ces fameuses « montées impossibles » pour en percevoir les limites, qu'en est-il de l'exercice de la descente ? Bien évidemment, on n'est pas en présence d'un vélo d'enduro, avec sa suspension arrière et sa fourche à débattement moyen, mais si on le compare à la catégorie des VTT de X-Country, à laquelle il emprunte sa fourche, que peut-on en dire ? D'abord que les petites roues de 26" et la monte pneumatique ne sont pas trop limitatives sur l'exercice de la descente, la fourche joue très bien son rôle tant qu'elle n'est pas confrontée à des chocs trop puissants et le cadre est suffisamment souple depuis qu'on sait faire des cadres en aluminium qui ne soient pas des bouts de bois. Dans l'ensemble, on peut descendre assez vite sans se faire peur, mais le plus difficile sera d'obtenir un frein arrière assez réactif pour déclencher les virages. Bloquer la roue ne se fera pas sans effort, on est à des années-lumières d'une commande hydraulique, même si le frein est endurant. Freiner ou stopper le vélo pose évidemment moins de problèmes, le frein avant étant plus puissant. Au départ, je ressentais des secousses désagréables au moment de freiner fort le vélo, mais après un dé-voilage léger du disque, et surtout un repositionnement correct de l'étrier, cet effet a presque disparu.Le frein arrière, à régler au plus précis pour bien en tirer parti. On n'échappera cependant pas à un réglage fin de l'étrier et des plaquettes arrières. C'est le seul moyen d'améliorer la puissance du freinage de l'arrière, de réduire l'effet retard de la commande (qu'on peut anticiper avec l'habitude) et de faire disparaitre tout bruit parasite. On trouvera un peu partout sur le net, et même sur Cyclurba, le descriptif des opérations à mener pour obtenir ce réglage optimal, le principe n'est pas très complexe. Il suffit de desserrer l'étrier pour le libérer, de freiner à fond, puis, sans relâcher le levier, de resserrer l'étrier dans cette position. On n'a plus ensuite qu'à régler la plaquette fixe pour qu'elle lèche le disque à chaque tour, puis la plaquette mobile pour que sa course ne soit pas trop longue avant de venir le pincer.

Et la selle ?



La selle est montée sur une petite tige à amortisseur interne qui apportera un peu de confort sur les portions roulantes mais les moins de 160 cm ne profiteront pas de cette fonction, la tige de selle étant alors complètement rentrée. On peut descendre presque jusqu'à 155 cm pour le cycliste, mais le vélo se destine plus surement à des personnes d'environ 165 à 175 cm, une taille S/M, en somme. C'est intéressant car les vélos de grande distribution proposent rarement des tailles aussi petites.

La selle est confortable mais permet bien de passer derrière elle pour les portions techniques en descente. On éprouve au début une petite sensation surprenante d'éjection du pilote vers l'arrière mais une fois on a admis cet effet, tout va tout seul. Le vélo est bien équilibré et on n'éprouve aucune crainte à dévaler de courtes portions en dévers abrupt. En roulant, l'appui est plus prononcé sur les fesses que sur les ischions et le bassin, ce qui est plutôt confortable. On se déplace facilement sur la selle et se cale un peu plus difficilement, ce qui n'est pas rédhibitoire en pratique tout terrain. Il n'y a pas de dispositif télescopique automatique de réglage. Le serrage de selle est classique à collier.

Entre deux selles.

La montée, possible ou impossible ?



Comme on va pouvoir le constater sur la vidéo d'essai, j'ai promené le Cycoo 36V sur les spots réputés dans mon coin très plat, pour recéler une montée dite « impossible », c'est à dire une courte pente se redressant progressivement au point de faire tomber les vététistes les moins enragés au bas de leur vélo. Je ne me rappelle pas avoir réussi à passer la première sans vélo assisté (j'ai même fait un malaise un jour où j'ai trop insisté sous le soleil). La seconde est plus facile, je la passe régulièrement en vélo sec, et sa difficulté consiste surtout dans le fait qu'une fois on l'a franchie, il faut encore franchir trois lacets particulièrement exigeants sur le plan physique: peu de temps pour récupérer ! Hélas, je l'ai engagée alors que la console clignotait déjà, signalant que le fond de batterie était atteint: inutile de préciser qu'au premier gros appel de courant, le moteur m'a abandonné, et comme j'étais moi-même déjà bien cramé...

Restons donc sur la première, réputée réservée aux vététistes bien équipés et à grosses jambes, bon sens de l'équilibre et gros cœur: j'ai cru ne pas arriver au sommet au moment où mon moteur s'est retrouvé quasiment à l'arrêt (une situation dans laquelle les moteurs dans la roue ne brillent pas) mais j'ai eu alors la présence d'esprit de tourner mon vélo dans la traversée du chemin, heureusement assez large à cet endroit, ce qui m'a permis de réveiller le moteur du Cycoo et de le relancer face à la pente: le pari était gagné !




Et après, que se passe-t-il ? Si la première diode du voltmètre de batterie reste longtemps allumée, la troisième a disparu sans qu'on n'ait eu le temps de s'apercevoir que c'était elle qui comptait. Ensuite, il ne reste plus qu'une diode, puis cette diode se met à clignoter de plus en plus souvent. Lorsque la diode clignote, cela signifie que le moteur s'est arrêté, ce qui n'empêche nullement de rouler puisque le moteur n'oppose que très peu de résistance et que le vélo, avec ses 20kg, reste très efficace grâce à sa rigidité. Durant ce mode de fonctionnement, le moteur qui n'est pas pourvu de roue libre moteur, produit du courant. Même si ce n'est pas un courant d'un niveau très élevé, et que le contrôleur n'est pas configuré pour l'utiliser au mieux, il ne faut pas s'étonner de retrouver la première diode à nouveau allumée fixement (surtout que les cellules en ont profité pour reprendre des volts naturellement). Nous avons constaté ainsi sur quinze kilomètres, qu'à chaque redémarrage, le Cycoo était à nouveau assisté sur une cinquantaine de mètres ! C'est en fait fort pratique, même si ce n'est pas fait exprès.

Les arrêts fréquents, les prises de vues (malgré le timer qui coupe assez vite l'alimentation), les montées impossibles, les demi-tours, les échanges de vélos... tout cela n'a pas été favorable à l'autonomie de notre vélo durant l'essai: en moins de trente kilomètres, les 9,5 Ah de notre batterie étaient rincés. Il semble d'après les témoignages recueillis qu'on puisse compter sur 35 km assurés pour une personne non-sportive sur terrain vallonné, et jusqu'à 1000 m de dénivelée positive pour un cycliste sportif. Je ne donne pas d'autonomie sur le plat pour un cycliste vraiment sportif car il pourrait parcourir 200 km presque sans vider la batterie.


Quels sont les upgrades possibles ?



Sur un VTT à si petit prix, il est utile de se limiter par avance sur les améliorations qu'on compte lui apporter: à partir d'un certain seuil, il devient plus rentable de changer de modèle. Il existe cependant des adaptations simples que l'on peut réaliser afin d'adapter le VTT à sa pratique:

- la transmission peut être modifiée. On peut opter pour un double, voire un triple plateau au pédalier puisqu'on n'est pas dans le cadre des contraintes d'un moteur central. On peut aussi substituer une cassette Sunrace 13x34 au lieu de la cassette roue libre à visser 14x28. Voir à ce sujet le blog de Fil06. Un dérailleur Acera semble améliorer le passage des vitesses tout en conservant la même commande.

- il est possible de substituer à l'afficheur KT-880 à diodes, un afficheur plus sophistiqué de type KT-LCD, comme le LCD3, qui est programmable. En jouant notamment sur la taille des pneumatiques enregistrée, on peut repousser la sensation de coupure brutale de l'assistance vers 23 km/h pour aller un peu plus au-delà de 25 km/h tout en étant toujours accompagné. Plus de détails ici: VTT électrique Carrefour à 600 €

Programmation utilisée sur le même système par Cyclowatt.

- on peut bien sûr modifier la monte pneumatique CHAOYANG dans le sens que l'on souhaite, avec la limite qu'imposent les jantes de 26", taille désormais moins référencée

- on peut également remplacer le système de freinage à câble par un système hydraulique équivalent: gare à l'adaptation du pilotage ! Il faut alors changer ses habitudes.



Et le SAV ?



Le SAV passera par le magasin Carrefour (ou autre surface) où vous avez acheté le VTT. Ensuite, le dossier est transmis à la société concernée, qui règle les problèmes. La garantie est de deux ans, ce qui laisse le temps de voir venir. Notez que si le vélo est basé sur des composants asiatiques, le fait qu'ils soient assemblés à Machecoul en France, et que les batteries allemandes BMZ soient assemblées en Pologne à base de cellules Samsung, assure que vous n'attendrez pas deux mois qu'un composant arrive de Chine. Tout est stocké en Europe, voire en France, a priori. Rien sur le vélo n'est « exotique » et vous ferait dépendre d'un fournisseur particulier pour la suite de la vie du vélo, même au-delà de la garantie.

Cycoo chez les Saint-Périer.


Synthèse



* Les Plus :



- les sensations de conduite vives liées au couple contrôleur/moteur
- la suspension avant de très bonne qualité
- la transparence du système d'assistance lorsqu'elle est coupée
- la peinture
- la batterie et son support, bien que pas intégré
- la garantie de deux ans
- le tarif
- la gestion originale du fond de batterie (pas de panne sèche définitive)


* Correct :



- le freinage avant
- la masse contenue (20 kg)
- le confort du cadre et de la fourche
- la transmission
- les jantes
- l'autonomie
- l'efficacité de la partie cycle
- la selle et sa tige
- l'accès pour les petites tailles (S/M)
- les possibilités d'évolution ou de remplacement

* Les Moins :



- la qualité du service délivré par Carrefour
- la précision de la jauge de batterie
- la sensibilité du frein arrière aux réglages
- la lenteur de la commande de frein arrière
- la coupure trop brusque et anticipée de l'assistance à 23 km/h
- le peu de fonctions du display (quand il s'agit du KT-880).



Au Belvédère...


Discutons de cet article sur le forumEn discuter sur le Forum

Article précedent: Le « vélo électrique alsacien » testé durant deux mois

Réagir, poser une questionProposer un articleS'abonner aux articlesConseiller l'article à un ami




Accédez à notre site www.power-e-bike.fr




A propos de cet article
Profil de Havocinfos Article de Havoc.
Modérateur vélotaffeur vététiste Sunn.

N° Article : 861
Article lu 17309 fois.
Créé le 16-04-2017 à 20h29.
Modifié le 18-04-2017 à 21h27.

modifier cet article Mettre à jour l'article
Cliquez ici pour rediger un nouvel article Redigez un nouvel article
Discutons de cet article sur le forum En discuter sur le Forum
Liens externes
Autres articles du dossier

Tous nos articles Tous les articles